Le Banquet, trad. Cousin, t. VI, p. .3i.S
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I,a Peinture religieuse au xv siècle. Madone de Botticelli, au Musée des Offices.
ments mesquins, avec un égoïsme qui fléchissait tout au plus devant les plus proches parents; il trouve, pour l'inspirer, l'initiative, la hardiesse, la libéralité, des élans généreux et le goût le plus sûr.
Le premier et le plus glorieux adepte de l'esthétique platonicienne, telle qu'on l'enseignait dans l'entourage des Médicis, fut Michel-Ange. C'est dans ses entretiens avec Laurent le Magnifique, avec Politien, avec Pic de la Mirandole, et avant tout avec Marsile Ficin, que le jeune artiste se pénétra des doctrines de spiritualisme transcendant auxquelles il resta fidèle toute sa vie. Mais à côté de CCS influences profanes se place une influence qui ne nous semble pas avoir été
INFLUENCE DE PLATON
signalée jusqu'ici : Savonarole, l'ardent mystique, contribua certainement autant que n'importe quel courtisan des Médicis à familiariser Michel-Ange avec ces doctrines. A tout instant, en parcourant ses « Paroles sur l'art », si habilement groupées par M. Gustave Gruyer, on croit lire une page du Banquet ou du Tiinée. Tantôt le réformateur proclame la supériorité de la nature sur
La Peinture religieuse au xvr siècle. La Vierge à la Chaise, par Raphaël, au palais Pilti.
l'art, tout comme Platon, tantôt celle de la beauté morale sur la beauté plastique; tantôt encore il place en Dieu la souveraine beauté'.
Et comme Michel-Ange, nature synthétique entre toutes, répond admirablement à l'idéal de Platon! Puisant sans cesse dans son propre fonds, ne voyant dans la création que l'homme, et pouvant dire, avec Socrate, « les champs et les arbres ne veulent rien m'apprendre, et je ne trouve à profiter que parmi les hommes, à la ville'», il représente la toute-puissance des idées
1. Les Ilhistrations des écrits Je Jérôme Savonarole, p. 184, l85, 192.