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LES MANTEGAZZA

intervalles inégaux, l'une à une élégance mêlée d'esprit, l'autre à la douceur avec cette différence que l'École milanaise traverse une crise inconnue à l'École vénitienne : je veux parler de la manière particulièrement âpre et raboteuse des Mantegazza.

L'essor de l'École milanaise fut tavorisé par une série de tâches des plus enviables : la décoration des cathédrales de Milan, de Corne, de Lugano, de la Chartreuse de Pavie, de la chapelle du Colleone à Bergame, pour ne point parler d'une foule de sépultures monumentales, telles que celles des Visconti, des Sforza et de Gaston de Foix.

L'École nouvelle, qui naquit pendant la dernière moitié du règne de Philippe- Marie Visconti, se caractérisait, d'après Perkins, par un mouvement exagéré, une intensité d'expression faisant la grimace, une exagération de longueur dans les membres, un traitement par surfaces plates, par l'emploi de draperies adhérentes au corps, comme aussi par l'adoption des formes architecturales classiques. D'après un écrivain du xvf siècle, Lomazzo, dont les informations sont d'ordinaire sujettes à caution, Agostino di Bramante (personnage hypothétique) aurait imaginé le premier de faire des études de draperies à l'aide d'étoffes et de papiers mouillés et encollés de manière cà former des plis*. Quoiqu'il en soit de ce renseignement, les frères Mantegazza s'appliquèrent à reproduire ce genre de draperies : de là les cassures innombrables qui font pendant à celles des peintres flamands contemporains non moins qu'à celles de Mantegna".

Cristoforo (f 1482) et Antonio (7 1495) Mantegazza avaient pour patrie Milan : comme la plupart des sculpteurs florentins contemporains, ils sortaient d'une boutique d'orfèvre. Ce furent, dit Calvi, les premiers sculpteurs, dans la plus ample acception du terme, qui travaillèrent à la Chartreuse de Pavie : nous les y trouvons au plus tard en 1464.

Calvi, Perkins, ainsi que MM. Burckhardt et Bode, attribuent à cette première période de la carrière des Mantegazza un bas-relief conservé dans la salle capitulaire de la Chartreuse, V Adoration des Mages, sculpture remarquable par la profusion des dorures et la longueur des figures, qui ont cependant des formes un peu plus arrondies qu'à l'ordinaire. Ce monument serait comme la transition de l'ancien au nouveau style.

En 1472, les Mantegazza furent invités par le duc Galéas-Marie Sforza à modeler la statue équestre de son père le duc François; le devis qu'ils fournirent portait à 6000 livres le poids du métal, et à 18000 livres impériales

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