‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 4)Chapitre 203 sur 288 · CRISTOFORO SOLARI · texte numérisé non relu

CRISTOFORO SOLARI

en 1490 dans sa candidature à la direction des travaux du dôme de Milan, il se rendit à Venise avec son frère, le célèbre peintre Andréa Solari, et y sculpta un Saint-Georges pour une des chapelles de la « Carità » et une Eve, tous deux perdus aujourd'hui. Nommé sculpteur ducal en 1496, il reçut la mission, à peu d'années de là, de sculpter l'effigie de la duchesse Béatrix d'Esté (f 1497), à laquelle il donna pour pendant celle de son époux Ludovic le More. Dans ces deux statues, amples, harmonieuses, on serait tenté de dire vivantes (il ne s'agissait pas de la représentation de cadavres), et où cependant la tenue n'exclut ni la précision des détails ni l'exactitude du costume, Solari s'est efforcé de donner le plus de style possible aux physionomies, au lieu de s'en tenir à la ressemblance purement individuelle; on remarque surtout chez Béatrix le développement excessif du menton; l'artiste l'a en outre vieillie sans nécessité. Chez Ludovic, le trait dominant est une gravité qui touche presque à la majesté; ce souverain si agité dort d'un sommeil tranquille ; sa physionomie respire la sérénité en même temps que la noblesse. Les modes du temps et plus encore l'étiquette ont imposé à l'artiste un motif peu heureux : le manteau de cérémonie excessivement long qui, chez la duchesse aussi bien que chez le duc, dépasse les pieds, sans les cacher, et forme comme un linceul. — Les statues de Ludovic et de Béatrix, exécutées pour l'éghse Sainte-Marie des Grâces de Milan, furent transportées au xvi'" siècle à la Chartreuse de Pavie.

De i5oi à i5i8, Cristoforo travailla d'une façon intermittente pour la cathédrale de Milan. Un instant, suivant l'exemple de ses compatriotes dispersés par la chute de Ludovic le More, il chercha fortune à Rome. Mais dès i5o6 on le trouve de nouveau dans sa ville natale occupé à exécuter pour la cathédrale une série de statues, entre autres le Christ à la colonne, dans la sacristie, et VAdam placé sur la toiture. On doit en outre à Solari quelques portraits qui se rapprochent de la manière de son frère Andréa.

La Chartreuse de Pavie réclama également le concours de cet habile statuaire. Il passe pour y avoir exécuté le bas-relief circulaire avec la Pielà, d'une facture très serrée — encore un peu archaïque — et d'une expression très énergique (gravée dans l'ouvrage de M. Lûbke, t. II, p. 577).

Cristoforo avait la spécialité des représentations d'Hercule; c'est dire qu'il exagérait d'ordinaire la musculature et l'expression de l'effort. On a retrouvé dans ces dernières années la mention d'un groupe en marbre d'Hercule et Cacus (i5i7) exécuté par lui pour un amateur ferrarais\

On ignore le heu et la date de la naissance ainsi que les débuts d'Agostino Busti, surnommé « lo Zarabaja » ou « il Bambaja »\ En i5i2, il fut admis,

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