‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 4)Chapitre 205 sur 288 · CARADOSSO · texte numérisé non relu

CARADOSSO

expriment leur douleur par la mimique la plus passionnée. Fidèle à ses origines septentrionales non moins qu'au style traditionnel de ce genre décompositions, Caradosso s'y montre réaliste acharné. Si la tête de la Vierge se distingue par sa beauté parfaite, la plupart des autres acteurs, avec leur bouche ouverte, leurs traits contractés, font penser aux types créés par Donatello à Padoue : les draperies, aux nombreuses cassures, rappellent d'autre part les modèles des Mantegazza.

Orfèvre attitré de Ludovic le More et son agent pour la recherche des antiquités, Caradosso entretenait des relations suivies avec le roi Mathias Corvin, qui tenta de l'attirer en Hongrie, et avec la marquise Isabelle d'Esté, à laquelle il rendit visite en i5o5. Fixé à Rome, après la chute du More, il ne tarda pas à être distingué par Jules II, qui le nomma joaillier pontifical.

Son chef-d'œuvre comme orfèvre, le fameux encrier en argent orné de bas -reliefs représentant V Enlèvement de Ganyméde, le Combat des Centaures et des Lapithes (gravé t. I, p. 203), Hercule et Cacus, des Triomphes, etc., n'est plus connu que par des reproductions en bronze. Cette pièce monumentale semble avoir été terminée dès i5o5,

car à ce moment Gian Cristoforo Romano engage la marquise Isabelle à en faire l'acquisition, quoique l'auteur en demandât looo ducats (Soooo francs').

Andréa Bregno (né en 141 1 à Osteno, près de Côme, mort à Rome en i5o6) est l'auteur de l'autel de la sacristie de Sainte-Marie du Peuple (1473) et de plusieurs autres autels de la même église, du richissime mausolée de Roverella

I. Venturi : Archivio storico delV Arte , 1888, p. Il2-ll3. L'encrier se trouvait encore en 1.586 entre les mains des héritiers de Caradosso; mais il était dès lors incomplet (il se composait d'un « torrino », de sept « piastre » et d'un « portino ».

Statuette de Guerrier

provenant du tombeau de Gaston de Foix. par le Bambaja.

(Collection de Mme Edouard André.)

dans la basilique de Saint-Clément, et de celui de Tebaldi à la Minerve, ces deux derniers sculptés en collaboration avec Giovanni Dalmata. A Sienne, Bregno exécuta en 1485 l'autel des Piccohmini , ouvrage somptueux, mais passablement froid et vide, sans relief et sans couleur. L'artiste, fidèle à la tradition romaine, y a abusé des ornements classiques (Victoires dans les écoinçons de l'arcade principale, cornes d'abondance, etc). On remarquera la monotonie et la pauvreté de ses rinceaux. Par contre, il convient de louer l'élégance des anges tenant des candélabres'.

Andréa Fusina, que l'on a confondu jusqu'à ces derniers temps avec Andréa Bregno, exécuta en 1496 le tombeau àeDaniele Bimghi, archevêque de Mitylène (église « Santa Maria délia Passione » à Milan). L'ornementation, des plus riches (griffes de lion, rinceaux, génies tenant des festons et génies tenant un cartouche, banderoles, tètes de Méduse, etc.), montre une pureté toute classique qui surprend dans ces parages. Au Musée de Brera, le tombeau de l'évêque G.-B. Bagaroto (ce personnage mourut en i5ig, mais il avait commandé son tombeau dès i5i7) contient, sur six colonnes en forme de candélabres, le sarcophage destiné aux ossements du défunt et sa statue, remarquable par l'expression de la gravité et du recueillement. — Fusina prit également part à la décoration de la Chartreuse de Pavie.

Ambrogio Barocci ou Ambrogino de Milan sculpta, au palais ducal d'Urbin, une partie des chambranles des portes, des fenêtres et des cheminées, et près de Ferrare, dans l'église San Giorgio, le tombeau de Lorenxp Roverella (1475), œuvre sage et bien pondérée (en collaboration avec Antonio Rossellino).

Lorenzo de Mugiano n'est connu que par sa statue de Louis XII (au Musée du Louvre; la statue fut exécutée à Milan, en i5o8, pour le cardinal d'Amboise), œuvre d'une conception facile et d'un style mou.

Tommaso da Cozzanigo passe pour l'auteur du tombeau de Giacomo Stejano Brivio (f 1484), dans l'église Sant' Eustorgio à Milan. Le sarcophage repose sur des colonnes en forme de candélabres, d'un goût assez douteux. On remarque, parmi les ornements, une copie de la fltmeuse gemme antique des Médicis,

Apollon et Marsyas.

Gaspare de Milan exécuta, de 1498 à i5o3, les bustes à' Empereurs romains, la statue de Sauf Apollonio, les trophées, les têtes de lion et les masques du palais municipal de Brescia. '

Ni les ouvrages généraux (Je Cicérone, etc.) ni les ouvrages spéciaux ne mentionnent l'existence d'Antonio délia Porta, surnommé Tamagni. Cet artiste

I. Schmarsow : .Anr.iiaire des Musées de Berlin, i883, p. iR et suiv. — De Tschudi : même recueil, t. IV, p.^ iR5, 18R. IQO. — De Geymûller, Die Architeldur dcr Renaissance in Toscana.

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