‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 4)Chapitre 230 sur 288 · GHIRLANDAJO · texte numérisé non relu

GHIRLANDAJO

tient l'Enfant divin, privé de tout vêtement. La composition est des plus simples; mais quelle tranquillité, quelle harmonie, quelle fierté dans ces figures! Le Bapicmc du Christ, peint au-dessus, reproduit dans ses licrnes crénérales le tableau de Verrocchio. décrit ci-après.

A quelque distance de là, et selon toute vraisemblance avant i4~5, non en 1487, comme on l'a cru, prirent naissance les fresques de Y Histoire de santa Fina, à la collégiale de San Gemignano'. Les compositions, d'une invention focile, pèchent par la dureté et la sécheresse des types et du coloris; les femmes appartiennent à un type maigre, ascétique, sans poésie, aux traits pauvres, à la peau parcheminée. Dans les Funérailles de sauta Fina s'affirme déjà le parti pris de groupement qui distingue Ghirlandajo. Les spectateurs, plus ou moins habilement juxtaposés, regardent devant eux avec une sorte d'indiff"érence.

En 1475, Ghirlandajo se trouvait à Rome, occupé avec son frère David à la décoration de la Bibliothèque du Vatican. Un fragment de ses peintures a été retrouvé récemment par M. Schmarsow : il représente les Docteurs de F Église-.

Dès ce premier séjour, Ghirlandajo entreprit des recherches approfondies sur les antiquités romaines. Si chez Botticelli, soit dit sans vouloir offenser cet artiste de race, l'imitation des modèles antiques avait trop souvent dégénéré en travestissement, chez Ghirlandajo l'interprétation devient enfin satisf^iisante, sinon encore parfaite. Certains des bas-reliefs qu'il introduisit plus tard dans ses fresques de « Santa Maria Novella » (par exemple, les Enflints musiciens, dans la Naissance de la Vierge^, off'rent déjà toute l'ampleur désirable. Il en est de même des édifices et des ornements d'architecture (voy. p. i32).

Mentionnons dès à présent, pour n'avoir plus besoin de revenir à Rome, un ouvrage important qui n'a pris naissance que quelques années plus tard (avant 1484) : la fresque de la chapelle Sixtine : la Vocation des apôtres saint Pierre et saint André. C'est une composition grave, ample, recueillie, d'une extrême netteté, quoique l'auteur, comme tous ses collaborateurs de la chapelle Sixtine, ait été forcé de violer la règle de l'unité d'action, en y représentant le Christ trois fois, dans trois épisodes diff"érents. Le paysage, composé d'un lac, de fabriques et de montagnes, encadre les personnages, les uns créés de toutes pièces, les autres empruntés à la réalité, sans que Fauteur ait même pris la peine de les afi^ubler d'un costume idéal. Debout aux côtés du Christ,

Portrait de Cihiilandajo.

(D'après la pravure publiée

par Vasai'i.)

1. Baldoria : Arclnvio storico dclT Aiic, iRqo, p. 56 et suiv.

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