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vieillards, hommes dans la force de -l'âge et adolescents regardent attentivement.
En 1480 Ghirlandajo exécuta les fresques de l'église d'Ognissanti à Florence. Il y peignit entre autres une figure de Saint Jérôme dans sa cellule et une Sainte Cène. Celle-ci offre une certaine animation, mais manque d'éloquence et même d'énergie. J'y signalerai les gestes par lesquels deux des apôtres protestent de leur innocence, l'un en appuyant les deux mains sur sa poitrine, l'autre en plaçant une main sur son cœur.
Une autre Sainte Cène, peinte dans le réfectoire du couvent de Saint-Marc, montre une table chargée de cerises (une idée de Primitif!), avec les disciples — tantôt trop écartés les uns des autres et tantôt trop serrés — assis sur trois des côtés. Derrière la double lunette formée par la boiserie, on aperçoit des arbres chargés de fruits. Les visages ne manquent pas de caractère, mais ils ont quelque chose de triste et de sévère. Point d'action commune; chacun agit et pense pour son propre compte : saint Jean repose sa tête sur le bras de Jésus, qui lève la main, etc. Les expressions, d'autre part, sont loin d'avoir la netteté et l'énergie nécessaires. Il faut étudier attentivement cette page due à un maître éminent pour se rendre compte du gigantesque progrès réalisé à peu d'années de là par Léonard de Vinci dans le réfectoire de Sainte-Marie des Grâces.
Entre les années 1481 et 1485 prirent naissance les fresques de la salle de l'Horloge, au Palais Vieux. Ces fresques, aujourd'hui fort endommagées, sont divisées en trois compartiments : à gauche, sous des arcades séparées par des pilastres, trois Guerriers debout; au centre, sous un portique surmonté des figures en grisaille de la Vierge, de l'Enfant Jésus et de deux anges, Saint Zanobi trônant entre deux saints ; à droite, des Guerriers faisant pendant à ceux de gauche. Ce sont des figures graves en même temps que vivantes; une ornementation des plus riches (pilastres, médaillons avec les bustes de Romains célèbres, etc.), et déjà tout inspirée de l'antiquité, en fait ressortir la majesté.
Les fresques de la chapelle Sassetti, dans l'église de la Trinità (terminées en 1485), fournirent à Ghirlandajo l'occasion de s'attaquera un de ces cycles monumentaux où il pouvait à loisir déployer toute l'exubérance de son imagination. Je ne saurais mieux faire apprécier cet ensemble si varié et si intéressant qu'en plaçant sous les yeux du lecteur la très vivante analyse qu'en a donnée Vasari.
Sur la première paroi, où sont fidèlement représentés le pont de Santa Trinità et le palais des Spini, Ghirlandajo a peint Saint François apparaissanj dans les airs et ressuscitant un enfant. La douleur fait place à la joie sur le visage des femmes témoins de ce miracle. Les religieux qui sortent de l'égUse avec les fossoyeurs marchant derrière la croix sont d'une vérité merveilleuse, ainsi que d'autres personnages, parmi lesquels on reconnaît Maso .degli Albizzi, Agnolo Acciajuoli, et Palla Strozzi, notables citoyens de Florence.