L'ART DU MÉDAILLEUR
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Pisanello, des Matteo di Pasti, des Boidu, des Guaccialoti, des Cristoforo di Geremia (t. I, p. 686-68g; t. II, p. i35). La génération qui fait suite à ces maîtres souverains dégénère rapidement : à leur conception si concise, à leur modelé si serré, les Baldassare d'Esté (p. 6i5), les Sperandio (p. 822), les Nic- C0I6 Fiorentino. essayent de substituer une facture plus large , sans comprendre que dans un espace si limité la précision constitue la loi fondamentale. Aussi tombent-ils invariablement dans la mollesse et la lourdeur. Quoi de plus mal en cadre que les effigies de Sperandio, dont les médailles, au nombre de 46, sont comprises entre les années 1465 et 1495, avec leurs physionomies rondes et veules (sauf deux ou trois d'entre elles, par exemple celle de Bonfrancesco ) ; quoi de plus informe et de plus vide que ses revers, avec leurs figures allégoriques dénuées de tout sens comme de tout style !
Il convient d'ailleurs de signaler des exceptions honorables : le médailleur florentin connu sous le nom de Médailleur à l'Espérance, dont les médailles
datées sont comprises entre les années 1489 à 1492, a créé dans le buste de Nonina Stro^ii (née en 1465, mariée à Bernardino del Barbariga) un portrait à la fois très sincère et plein de charme. Citons en outre Bartolo Talpa, qui modela avant 1484 la médaille de Frédéric I" de Goniague et après 1496 celle de Jean François II de Gon:(ague : cet artiste passe pour l'auteur de la belle médaille de Giulia Astallia, d'une facture si sûre et si large.
Il était réservé à l'éminent sculpteur et orfèvre milanais Caradosso (p. 554),
Flambeau en bronze du commencement du xvi' siècle. ( Collection Spitzer).
Médaille de Niccolô Palmieri.
Par Guaccialoti.
dont nous avons si souvent déjà proclamé les mérites, de relever l'art du médailleur et de lui imprimer le caractère qu'il a conservé pendant tout le reste de la Renaissance. Ses belles effigies des Sfor^a, de Jules II, de Bramante, nous montrent qu'une étude assidue des modèles romains lui permit de
resserrer ses effigies dans un cadre infiniment plus limité que celui des médailleurs de la Première Renaissance, tout en leur donnant une souplesse et un galbe admirables. « Caradosso emprunta en outre aux médailleurs romains le grènetis dont ceux-ci se servaient pour encadrer les effigies, et régularisa l'exergue du revers, en le plaçant, à leur imitation, en sens inverse de la tête, c'est-à-dire qu'il faut renverser la médaille de bas en haut pour la découvrir, et non de droite à gauche » (E. Piot).
Gian Cristoforo Romano (p. 5i6) et l'anonyme à qui l'on doit la médaille du cardinal Alidosi (i5ii) atteignent, eux aussi, à la pertection que l'on est en droit d'attendre d'artistes qui travaillaient probablement dans le voisinage de Raphaël. "On a attribué, mais sans grande vraisemblance, la médaille d'AHdosio, chef-d'œuvre en miniature, à Francesco Francia de Bologne.
Le Vénitien Vittore Camelio, que nous connaissons déjà comme sculpteur
(p. 534), s'essaya également dans les médailles. Son œuvre se trouve compris entre les années 1484 et i523; il se distingue par une touche vive et spirituelle*.
La Gravure de Monnaies, peu florissante jusque vers le dernier tiers du xv*^ siècle, prit tout à coup une grande extension. La reproduction de plus en plus répandue de l'effigie des souverains étendit le domaine de cet art, en même temps que l'intervention d'une série d'artistes supérieurs — Caradosso, Camelio, F. Francia — le portait rapidement à son apogée. Plusieurs de ces maîtres cumulaient d'ailleurs l'art du médailleur avec la gravure de monnaies : outre Caradosso et Camelio, on peut citer Enzola, Maffeo da Clivate, etc.
I. A la liste, très longue, des médailleurs dressée par M. Armand il faut ajouter « Johannes de Candida », dont la personnalité vient d'être mise en lumière par M. L. Delisle. Cet artiste, qui était en même temps ambassadeur et conseiller du roi Charles VIII (1491, 1493), exécuta les médailles d'Antoine Gratta et de Robert Briçomiet. Sa propre effigie existe dans la collection de M. G. Dreyfus (L. Delisle, te Mêdailteicr Jean de Candida; extr. de la Bibliothèque de l'Ecole des Clmrtes, 1890).
Médaille de Nonina Strozzi.
Par le Médailleur à l'Espérance.