‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 4)Chapitre 36 sur 288 · INFLUENCE DE L'ANTIQUITÉ SUR LE STYLE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L'ANTIQUITÉ SUR LE STYLE

canon, dans leurs attitudes, dans l'arrangement de leurs draperies, autant elle devait se garder de toute imitation proprement dite, sous peine de perdre non seulement l'originalité, mais encore la fraîcheur, le sentiment même de la vie; c'eût été s'attacher à la lettre de ces enseignements, non à leur esprit.

Malheureusement la tentation était trop forte. Il n'y eut guère de sculpteur qui ne se laissât aller à imiter plus ou moins directement, tantôt pour l'attitude générale et le mouvement, tantôt pour le type ou les draperies. Michel-Ange — qui ne connaît cette anecdote? —mit toute sa gloire à faire passer pour antique

Les Muses. Fac-similé de la gravure de Mantegna.

son Cupidon endormi; il est vrai que plus tard il prit vaillamment sa revanche. Baccio BandineUi et Jacopo Sansovino imitèrent l'Apollon du Belvédère, l'un dans son Orphée, l'autre dans son Apollon placé sur la loge du campanile de Saint- Marc à Venise. Bref, la manie imitative paralysa, en dehors de Michel-Ange, l'essor que les sculpteurs du quattrocento avaient imprimé à leur art.

L'invasion de l'antiquité ne se fit pas moins sentir dans l'art du médailleur, si intimement hé aux vicissitudes de la sculpture proprement dite, dont il ne forme qu'une émanation. La finesse de la caractéristique et la liberté de la facture qui avaient signalé les médailles des Pisanello, des Matteo de Pasti, des Cristoforo di Geremia, se perdirent de plus en plus. Un instant les Caradosso et les Cristoforo Romano arrêtèrent leur art sur la pente fatale; mais déjà autour d'eux la décadence s'accusait, saut dans les portraits, qui conservèrent quelque temps encore de la vivacité et de la vigueur; sur les revers ce ne furent plus que réminiscences classiques (on compte à peine un sujet

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