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chrétien contre dix sujets païens), personnages drapes a la romaine,
Il devint bientôt évident aux yeux de tous que l'essor de chacune des branches de l'irt était en raison inverse de l'influence antique, ou plus exactement en raison directe des eff^orts nécessaires pour l'assimilation de ces principes; la peinture, qui montra le plus d'originalité et de puissance, était précisément la branche pour laquelle l'antiquité avait laissé le moins de modèles.
Les Primitifs n'avaient pas su tirer parti des modèles antiques pour l'arrangement des draperies. Ici encore Mantegna se fit l'initiateur de ses contemporains; sa science ne fut égalée que par l'extrême hberté et la grâce avec lesquelles son élève ou du moins son imitateur Melozzo da Forli drapa les anges de V Assomption, aujourd'hui à la sacristie du Vatican. Raphaël fit un pas de plus : dans certaines figures de VÉcoIe d'Athènes et du Parnasse, dans la Didon , gravée par Marc-Antoine, il créa des arrangements de draperies exquis, étourdissants, à donner le vertige. Nul doute que la découverte de la £imeuse statue couchée, la Cléopâtre ou VAriadne, ne lui ait permis de triompher des dernières difficultés.
Nous sommes en outre en droit d'attribuer à l'influence antique la clarté et la pondération qui s'introduisirent dans l'Ordonnance, science inaugurée par Mantegna et portée à sa perfection par Raphaël (voy. p. 86).
L'art de marier les figures, de relier les groupes les uns aux autres, de disposer ceux-ci harmonieusement à leur tour dans le cadre qu'ils sont appelés à remplir, autant de conquêtes dues aux deux grands assimilateurs de l'antiquité, Mantegna et Raphaël. Assurément, ce n'est pas aux fresques antiques de Rome, de Naples ou des environs, pour la plupart si mal pondérées, que ces deux maîtres ont demandé des leçons; ce n'est même pas aux bas-reliefs romains, si confus, de la colonne Antonine ou de la colonne Trajane, ou de l'arc de Septime Sévère : c'est aux beaux bas-reliefs grecs des sarcophages, peut-être aussi à ceux de l'arc de Titus; c'est surtout, et j'insiste sur ce rapprochement, aux édifices mêmes de l'antiquité, tous d'une ordonnance si belle et si claire. Je ne serais pas éloigné de croire qu'ici ce fut Bramante qui servit au Sanzio d'initiateur. Bramante qui avait poussé la sollicitude jusqu'à dessiner pour son jeune anfi le merveilleux portique de V École d' Athènes.
Virfjfile.
D'après la fresque de Sipiioi-elli (Dôme d'Orvieto)
Etude DE draperie, par Léonard de Vinci. (Musée du Louvre.)