Voy. Palustre, T 'Architecture delà Renaissance, p
Les Ordres appliqués à la décoration d'une taçade de palais. D'après la gravure de Serlio (liv. IV).
Sainte - Marie de Carignan à Gênes '
Il en est de même des « oculi ». Sanvovino leur donne la forme ovale (Bibliothèque de Saint-Marc, Palais Corner « délia Cà grande ») ; l'architecte du palais de Pie IV à Milan les entoure d'un cadre richissime.
Quelques mots ici sur les ordres. Leur joug devient de plus en plus lourd; ils finissent par « envelopper de toutes parts la construction et par tenir lieu
de tout ornement1. » On compte désormais les édifices qui se dérobent à cette tyrannie : à Florence, la Façade du palais Larderel ; à Rome, la façade du palais Massimi, où Peruzzi réserva les colonnes et les pilastres pour le rez-de-chaussée, se contentant, pour les étages supérieurs, d'un simple appareil à refends; le palais Farnèse, où San Gallo réserva les Ordres pour la cour; le palais du Latran, le palais Farnèse à Plaisance, etc.
Les deux Ordres qui comptent le plus de partisans sont le dorique, avec ses triglyphes et ses métopes, et son succédané, le toscan (palais de Peruzzi, de Jules Romain , de San Micheli, etc.). Sansovino et Palladio réalisent un idéal d'une rare magnificence en
Les Ordres appliqués à la décoration d'une façade de palais. D'après la gravure de Serlio (liv. IV).
combinant le dorique avec l'ionique (bibliothèque de Saint-Marc, basilique de Vicence, etc.).
L'emploi des colonnades est rare à l'extérieur : pour les églises on les relègue à l'intérieur, pour les palais dans les cours. Les motifs de prédilection, ce sont les colonnes engagées, les colonnes accouplées, ou encore les colonnes alternant avec les pieds-droits des arcades, comme au théâtre Marcellus et au Colisée (cour du palais Farnèse, etc.). Sansovino, suivi en cela par Palladio, montra le moyen de dégager et d'animer les masses, en creusant dans les angles de ses piliers la place nécessaire à l'installation de colonnes.