L'APPAREIL. - - LES ORDRES
de Macerata se signale entre autres par l'emploi de ce genre d'appareil'. Il ne semble pas, d'autre part, que les architectes italiens aient connu les bossages vermicides ou à gouttes de suif, chers à nos architectes français.
Décrire tous les artifices mis en œuvre pour donner plus de variété aux ouvertures, portes ou fenêtres2, serait une tâche qui nous entraînerait trop loin. Bornons-nous à signaler l'invention des frontons brisés (due à Michel- Ange), qui alternent désormais avec les frontons semicirculaires ou triangulaires , celle des consoles allongées, soutenant les fenêtres (exemples : la villa Lante à Rome, les palais construits par Vasari); puis celle des chambranles à erossettes, c'est-àdire des chambranles dont les moulures forment une saillie aux quatre angles". Cette disposition peu heureuse se rencontre en germe au palais Massimi à Rome, puis au palais Bochi-Piella à Bologne, et bientôt partout.
Plus disgracieuses encore sont les fenêtres en éventail, c'est - à - dire composées de cintres sans jambages, dont Galeazzo Alessi semble avoir le premier fait usage dans l'église
Les fenêtres mezzanines, peu usitées auparavant, acquièrent une grande importance (palais de Peruzzi, etc.).
1. Voy. le livre IV de Serlio (fol. 16) et le Voyage de Montaigne (p. 34,5). Cette mode se répandit à l'étranger. Exemples : le palais à facettes du Kremlin à Moscou, la « Casa de los Picos » à Ségovie.
2. Si à Venise toutes les fenêtres étaient garnies de vitres, dans beaucoup d'autres villes des toiles cirées ou des bandes de papier protégeaient seules contre les intempéries. Et encore ces précautions formaient-elles l'exception. D'ordinaire, pour se garantir du froid ou de la pluie, on n'avait d'autre ressource que de fermer les volets. (Sansovino, Vcnctia, édit. de 1604, fol. 2Ô3. — Montaigne, Voyage, p. 171, 186, 41.S, 4.31.)
3. Cette forme de chambranles se trouve déjà dans les temples de l'Acropole, mais limitée à la partie supérieure, tandis qu'au XVIe siècle chacun des quatre angles forme une saillie. (Stuart et Revett, les Antiquités d'Athènes, t. II, pi. XXXII.) Le temple de Vesta à Tivoli offre une disposition analogue (Bùhlemann, pi. XXXVI).