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CHAPITRE II

LES ÉCOLES D'ARCHITECTURE DE LA FIN DE LA RENAISSANCE. - FLORENCE ET ROME : PERUZZI, SAN GALLO , MICHEL- ANGE ET VIGNOLE. — VENISE, VÉRONE ET VICENCE : SANSOVINO , SAN MICHELI ET PALLADIO.

a division par Écoles, si tranchée lorsque l'on considère la peinture de la Fin de la Renaissance, s'affirme avec beaucoup moins de netteté dans l'architecture. Cette différence entre l'évolution des deux grands arts tient, d'une part, à ce que tous les architectes, quel que lût leur lieu d'origine, venaient étudier à Rome; de l'autre, à ce que ce fut un Florentin — Sansovino • • qui fonda l'École vénitienne, tandis qu'un citoyen de Rome, Jules Romain, tondait l'École de Mantoue et étendait son influence jusqu'à Vérone. Il en est de même de l'École génoise : elle eut pour initiateur un Ombrien, Galeazzo Alessi. Dans la peinture, au contraire, les chefs des principales Écoles, à Venise, à Parme, à Brescia, et même à Milan pour la période postérieure à Léonard de Vinci, sont tous nés dans la région qu'ils devaient illustrer.

S'il est difficile d'établir une ligne de démarcation parfaitement tranchée entre les architectes de l'Italie centrale et ceux de la Haute-Italie, à plus forte raison ne saurait -on distinguer les représentants, de l'architecture florentine des représentants de l'architecture romaine. Il y a, d'une ville à l'autre, un va-et-

vient, un chassé-croisé continuel, avec cette différence toutefois que Florence fournit les artistes, tandis que la part contributive de Rome se borne, d'une part, à la communication des modèles antiques, qu'elle livre à tout venant ; de l'autre, à l'inspiration qui émane de la Papauté.

A ne supputer que le nombre des architectes célèbres nés à Florence, on serait exposé à s'exagérer l'importance de cette Ecole ; d'autre part, à ne tenir compte que des ouvrages qui ont pris naissance sur les bords de l'Arno, on risquerait de s'en faire une idée trop imparfaite. La vérité est que, si Rome et Venise ont dû leurs principaux monuments à des architectes florentins (il suffit de rappeler les noms d'Ant. da San Gallo, de Michel-Ange, d'Ammanati, de

Jac. Sansovino, sans omettre Bal. Peruzzi, dont la famille était originaire de Florence), c'est au dehors que le talent de ces maîtres a reçu son empreinte; leur ville natale ne peut donc les revendiquer qu'en partie. Aussi nous bornerons-nous à mentionner ici et San Gallo et Michel-Ange, et Peruzzi et Sansovino, sauf à étudier en détail leur œuvre dans les centres où s'est exercée leur activité.

Florentine ou lombarde jusqu'au début du xvic siècle, l'architecture de la Renaissance reçut de Bramante, affirme-t-on, le caractère italien et le caractère universel, formant le style qui, en somme, domine de nos jours encore. De la dernière manière de ce grand artiste procèdent Peruzzi, Antonio da San Gallo, San Micheli, Sansovino, Raphaël et Jules Romain, Palladio, de même que Philibert de l'Orme et Pierre Lescot1. — Sans contester la justesse de cette observation, il convient d'ajouter que l'imitation de plus en plus rigoureuse des formes antiques était dans la logique : préconisée par Brunellesco dès le début du xvL' siècle, elle devait, à chaque nouvelle étape, gagner en précision, en même temps que, par une loi inéluctable, les formes deviendraient plus pleines, pour ne pas dire plus rondes (voy. p. 108-110). L'influence de Rome, où s'élabora la dernière manifestation de la Renaissance, fit le reste; la Ville éternelle n'est -elle pas, pour parler comme Montaigne, « la plus commune ville du monde, et où l'étrangeté et différence des nations se considère le moins, car, de sa nature, c'est une ville

Portrait de Baccio d'Agnolo

(D'après la gravure publiée

rapiécée d'étrangers; chacun y est comme chez soi

Avant de suivre à Rome les chefs de l'École florentine, rappelons brièvement les travaux exécutés dans la capitale même de la Toscane : la chapelle des Médicis et la bibliothèque Laurentienne, sur lesquelles nous reviendrons dans

1. Le Cicérone, p. 221. — De Geymùller, The School of Bramante, p. 1 25 et suiv. Londres, 1891. — Cf. Palustre, V Architecture de la Renaissance, p. 9.5-96.

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