LES ARCHITECTES FLORENTINS
un instant, en étudiant l'œuvre de Michel-Ange, le palais Uguccioni, construit par Zanobi Folii (voy. p. 3o5), la loge du Marché Neuf, claire, élégante, mais déjà trop facile, élevée de 1647 à i55o par G.-B. del Tasso, sans compter un
Le Palais des Oflices à Florence, par Vasari.
certain nombre d'édifices d'un intérêt moindre, tels que les palais appartenant à la dernière manière de Baccio d'Agnolo (f 154S; voy. t. II, p. 41 5- 416).
Parmi les architectes dont l'activité profita plus spécialement à Florence, quatre méritent mieux qu'une simple mention.
E. Miintz. — III. Italie. La Fin de la Renaissance. 42
Giovanni Antonio Dosio de San Gimignano (né en i533; vivait encore en 1578 ') s'est fait un nom comme archéologue (il a publié en i56q un recueil des monuments antiques de Rome) et comme architecte. A Florence, il a marqué sa trace par le palais Larderel-Comini, la plus exquise demeure — ce sont les termes de Burckhardt — de la Renaissance italienne, et par une série d'autres édifices dont on trouvera la description dans les ouvrages spéciaux. Le palais Larderel, le seul dont je m'occuperai ici, n'a que trois fenêtres de façade, mais les proportions en sont si harmonieuses qu'il est impossible de se dérober au charme qui s'en dégage. L'appareil est tout uni, sauf aux angles, où des pilastres à refends se détachent sur le corps de l'édifice. Au
rez-de-chaussée, une porte et deux fenêtres, chacune surmontée d'un fronton triangulaire; au premier étaçe, un fronton de même nature et deux frontons semi- circulaires; au second étage, trois frontons triangulaires; puis des bandeaux qui marquent les divisions par étages, et un entablement avec une belle corniche couronnant le tout : telles sont les ressources, des plus élémentaires, h l'aide desquelles ce bijou a été créé.
Georges Vasari (voy. p. 178) a laissé son chefd'œuvre dans le palais des Offices, où la sobriété n'exclut pas l'élégance. On a fait valoir comme circonstance atténuante pour certaines imperfections que l'auteur n'avait pas toute la liberté de mouvements désirable, qu'il était lorcé de tenir compte des substructions existantes, comme aussi de la destination de l'édifice, qui devait être affecté aux Offices, c'est-à-dire aux bureaux.
Bartolommeo Ammanati (né en i5ii à Settignano, mort en i5ç2) étudia d'abord la sculpture sous Bandinelli et Jac. Sansovino; une série de statues ou de bas-reliefs exécutés à Florence, à Urbin, à Naples, à Venise, à Rome, lui avaient valu la notoriété, sinon la célébrité, lorsqu'il se manifesta comme architecte. A Rome, il construisit, outre le palais Ruccellai (« Caffé Nuovo »), la façade et la cour du Collège Romain; à Florence, la façade postérieure du palais Pitti (voy. p. 006) et le pont de la Trinité (voy. p. 32 1), sans compter le second cloître de San Spirito, les palais Guigni, Montalvi, Ramirez, etc.; à Lucques, le Palais Ducal, qui lut continué par Pini et Juvara, et une série d'habitations particulières. Ses créations se distinguent par l'ampleur plutôt que par la finesse et l'élégance.
Un autre Florentin, Bernardo Buontalenti (io36-i6o8), doit sa réputation à la construction de la villa de Pratolino, à l'agrandissement (si malencontreux)
Portrait de Bald. Peruzzi.
(D'après la gravure publiée
par Vasari.)