‹ Histoire de l'art pendant la renaissanceChapitre 32 sur 304 · LA RICHESSE ET LE LUXE · texte numérisé non relu

LA RICHESSE ET LE LUXE

belle. C'est un palais à construire pour l'un, une chapelle à décorer pour l'autre; une image de sainteté à peindre pour la chambre à coucher; puis, et surtout, l'effigie du grand seigneur, du prélat, du bourgeois enrichi à reproduire, à éterniser. Celui-ci commande un tombeau monumental; celui-là, plus modeste, veut du moins laisser aux siens son buste en marbre, son portrait peint ou sa médaille. Ce fut au point que l'Arétin adjura les médailleurs de ne pas prostituer leur talent au premier venu : « Reproduisez donc, s'écria-t-il, les images de tels hommes, et non pas de ceux qui, non seulement ne sont pas connus des autres, mais encore le sont à peine d'eux-mêmes. Le poinçon

Le Luxe au xvi° siècle. Verres vénitiens.

ne doit pas reproduire une tête que la renommée n'a pas tout d'abord célébrée, et l'on ne croit pas que les décrets de l'antiquité eussent consenti à ce qu'on représentât en métal des gens qui ne s'en étaient pas montrés dignes. Que cela soit à ta honte, ô siècle! puisque tu supportes que nous apparaissent, vivant en peinture, jusqu'à des tailleurs et des bouchers1. »

Il n'y eut pas jusqu'aux arts les plus humbles qui ne tussent appelés à fixer le souvenir des événements les plus marquants de la vie de tamille, en même temps qu'à servir d'interprètes à toutes sortes de nobles sentiments. La céramique nous a légué les longues séries des « vasi amatori », à devises galantes, des « vasi gameli » ou « vasi nuziali », exécutés à l'occasion de noces, des vases d'accouchées, un monde de tonnes pittoresques et d'associations de tons éclatantes.

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