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Le mot est de Montaigne : Voyage, p. 285, Sçi

3. L'excès du raffinement ne pouvait manquer de provoquer une réaction en sens contraire. Des artistes florentins, parmi lesquels le peintre Jacone, fondèrent une corporation, dont les membres, sous prétexte de vivre en philosophes, vivaient en pourceaux. Ils faisaient profession de ne jamais se laver, ne souffraient pas qu'on balayât leur maison, buvaient à même la bouteille, etc. (Vasari.)

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les repas et les fêtes, les représentations théâtrales, les livrées, les équipages1. Prenons le costume et la parure; c'est une recherche qui dépasse parfois

les bornes du goût ; robes de soie ou de velours tissées d'or et couvertes de

gemmes et de perles, mouchoirs brodés d'or2, fourrures, plumes rares, éventails et aumônières; la médaille ou plaquette que tout personnage qui se respecte doit porter à son chapeau (on sait quelle classe intéressante de productions nous a valu cette coutume), puis l'agrafe du ceinturon, la dague et l'épée, sans compter les bijoux proprement dits et tout le monde des ornements féminins.

Mêmes raffinements jusque dans les moindres auxiliaires de la toilette :

Brantôme raconte qu'Alf. del Vasto faisait parfumer, non seulement ses effets, mais encore les selles de ses chevaux. Les Médicis ne dédaignaient pas de surveiller dans leur « fonderia », la distillation d'essences particulièrement précieuses, et c'est également à la fabrication des eaux de senteur que l'ordre des Jésuates dut sa popularité.

Quant aux architectes, aux sculpteurs, aux peintres, jamais encore ils

n'avaient su persuader aux favoris de la fortune de leur faire la part aussi

i. A Florence, Cosme Ier, par politique plutôt que par goût, n'entreprenait jamais une excursion à une de ses villas, sans se faire accompagner d'une suite de 600 personnes.

A Rome, la maison d'un grand seigneur qui se respectait devait comprendre une quarantaine de chevaux et une centaine de familiers ou de domestiques, sans compter les musiciens, les gardes, l'équipage de chasse. Que de parasites déjà! (Prisciano, del Governo délia corte d'un S'ignore in Routa. Rome, i543; réimprimé à Città di Castello en i883.) Prisciano évalue la dépense pour ce train de maison à 6 579 écus, 12 baioques (plus de 3ooooo francs), dont 4000 pour la nourriture (522 pour le pain, 1 440 pour le vin, 6i,5 pour la viande), 686, 5o pour le fourrage et autres dépenses d'écurie, et 1 524 pour les salaires.

A Milan, on comptait, du temps de Bandello, plus de soixante voitures à quatre chevaux. Quant aux voitures à deux chevaux, elles étaient innombrables. La plupart étaient dorées, richement sculptées et garnies de soie. (Burckhardt, Citltur, t. II, p. 17.5.) 2. Cellini, Mémoires, édit. Tassi, t. I, p. 3o8.

Le Luxe au xvi" siècle.

Étrier. (Collection Spitzer.)

Le Luxe au xvie siècle.

Eperon. (Collection Spitzer.;

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