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L'ANATOMIE

tel le Saint Barthélémy de Marco d'Agrate, au Dôme de Milan, digne prototype de l'écorché d'Houdon.

Chez les peintres, la passion pour l'anatomie était en raison directe de leur goût pour le dessin et en raison inverse de leur goût pour la couleur. Si les maîtres des Écoles florentine et romaine, surtout le Rosso, abusèrent des études anatomiques, chez ceux de l'École de Venise cette préoccupation ne perce que dans la manière de poser certaines figures nues de femmes : le Titien comme Giorgione aiment à les montrer moitié de profil, moitié de dos1. Seul le Tintoret se plaisait à disséquer2.

Le Corrège n'était pas un anatomiste de la force de Michel-Ange, mais il avait, au même point que lui, l'intuition des lois de locomotion propres à la figure humaine; aussi, sautant par-dessus les accessoires, réussissait-il à donner à ses personnages les attitudes à la fois les plus difficiles et les plus naturelles; parmi les nombreux tours de force qu'il nous a laissés, aucun n'est plus propre à stupéfier que l'incomparable raccourci du corps d'Antiope dans le tableau du Louvre.

Les Études anatomiques au xvi* siècle.

Fac-similé d'un dessin de Michel-Ange. (Bibl. du Roi à Turin.

Concurremment avec le document anatomique, l'usage du modèle vivant fut de rigueur chez les sculpteurs, sauf peut-être chez Michel-Ange. Nous savons que Jac. Sansovino fit poser nu, malgré la rigueur de l'hiver, un de ses élèves, pendant qu'il travaillait à son Bacclms. Un autre sculpteur célèbre, Cellini, pouvait si peu se passer de modèle, qu'il descendit à des concessions

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