CI. M. H,R
ätuia (porte d’entrée).
Monastère de Cet
fin. Après Duca, il n’y eut que les fondations d’un prince passager, bientôt réfugié en
Pologne, Étienne Petriceicu, à Sânt’'Onufrie, avec un toit de lignes très intéressantes, et, dans
les mêmes districts du Nord moldave, probablement à Saint-Jean, dans la bourgade de Séreth
(Siretiu), puis une médiocre fondation de Constantin Cantemir, paysan d’origine, puis officier au service de Jean Sobieski, roi de Pologne, pour arriver, bien que totalement 1llettré, à la dignité suprême. On lui doit le monastère de Mira, dans la montagne de Putna.
La façade s'appuie sur des contreforts; si on rencontre des rosettes et des carrés de
Monastère de Cetätuia (voûtes de la grande salle) CI. M. H. R.
pierre sculptée, le linteau simple remplace la corde entrelacée; les colonnes qui séparent le narthex de la nef ont un aspect assez rude. On n’a pas même, malgré la présence sur le trône moldave d’Antioque et de Démètre — le savant orientaliste, — ses fils, une pierre sur le tombeau
du vieux prince, qui s'était fixé une place à l’endroit réservé habituellement aux fondateurs.
Parmi les princes phanariotes, pas toujours Grecs, mais nécesairement ayant fait un
stage à Constantinople comme interprètes de la Porte, qui s’installèrent à la place des anciens
chefs indépendants des pays roumains, à partir de 1709 ou de 1711, un seul voulut bâtir: Grégoire Ghica, fils d’une Roumaine, dont deux antécesseurs avaient régné dans les Principautés. Son monastère de Frumoasa, sur l'emplacement de cette petite bâtisse, due, à la fin du XVI° siècle, au boïar Balica, ne conserve que la tour d’entrée et les murs d'enceinte, encore imposants. La peinture a été refaite dans un édifice qui, dans sa forme actuelle, date de 1841 à peine.
V. Voyons maintenant le caractère, à cette époque, des arts auxiliaires de l'architecture,
Monastère de Cetâtuia (grande salle du Palais) CI. M. H.R.
en même temps que le rapport de leurs produits avec le monde indigène et les civilisations du voisinage.
On n’a plus la peinture initiale des Trois Hiérarques. Celle de Golia, bien que soumise à des retouches, a conservé, avec beaucoup de complexité, une grande partie des qualités de l’époque; les couleurs seules paraissent être devenues plus fortes sous le pinceau des maïîtres du XXVII' siècle. À Cetätuia, l’ancien revêtement existe presque intact, et il est d’une variété et d’une liberté de mouvements exceptionnelles: au milieu des portraits, Duca apparaît dans les vêtements usités pour les Voévodes successeurs et émules des empereurs; sa femme porte, avec une riche robe en brocart parsemée de fleurs, un chapeau à plumes à la façon de l'Occident, et ses nombreuses filles, qui se groupent autour d’elle, de même, — ce qui ne doit pas étonner à une époque où la femme de Grégoire Ghica [*, prince de Valachie,
Marie Sturza, revenait de Venise, d’après le témoignage de la chronique, dans un beau cos-
tume italien, qu’elle dut cependant bientôt déposer. Chacune de ces figures féminines a des
traits particuliers: on voit que l'artiste s’est évertué à trouver la ressemblance.
VI. À qui est due cette peinture? À partir de Basile Lupu et malgré l’existence d’une école de peinture dans le pays, et d’une école de glorieuses traditions, elle vient de l’étranger. Läpusneanu avait pensé, jadis, à faire venir des maîtres de Venise, et, en 1560, il s’adressait au doge, lui demandant « certains de vos peintres et de vos autres artistes pour orner les églises moldaves » (1). Ces peintres italiens n’arrivèrent pas en Moldavie. Mais, comme au XVII siècle, la Russie moscovite avait, non seulement des peintres d'icônes de la longue série commencée par André Roblev, mais .aussi des peintres de fresques (2), Basile demanda à Moscou les artistes dont il avait besoin pour faire peindre son église des Trois Hiérarques : le riche parvenu méprisait le travail des moines indigènes. « Dans notre pays », déclarait-il au secrétaire
du bureau des ambassadeurs », « il n’y a pas de
CIM CHR:
Monastère de Cetätuia (ornements de voûtes et de colonnes)
ces peintres bons et habiles ». « En même temps, cer-
tains de ces moines roumains, dont un certain Sylvestre, étaient envoyés à Moscou pour y préparer, CI. M. H.R. sous une direction compétente, les images de l’ico- Monastère de Cetätuia
ù (cartouche du clocher) nostase. De cette correspondance on voit que le Moldave Nicolas avait la qualité de « premier peintre » du Voévode. En 1641, les artistes russes, Sidor Pospéev et Jacques Gavrilov, se dirigeaient vers Jassy; ils étaient parmi les plus distingués dont pouvait disposer le Tzar. Jacques venant à mourir en Moldavie, où l'avait
accompagné son fils, Timouche, il fut remplacé par deux collègues russes, Déico Vacovliev
. 1. Pro sacris œdibus ad Dei Optimi Maximi cultum istic ornandis summopere optare ut aliqu ex. pictoribus alüsque artificibus vestris ad opera hujusmodi conficienda idoneis se in° Moldaviam conferant; Revista de Tocilescu, IT, p. 141.