Bulletin, III, p. 190 et suiv
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façade pentagonale; des peintures de l’époque décorent, très haut, aussi bien la rangée des niches que la série de cadres carrés qui se succèdent sous la corniche; on a conservé une belle iconostase représentant des fleurs, des grappes de raisin, des monstres (1). Le fondateur, Stoica Ludescu, chroniqueur de la famille des Cantacuzènes, fut soutenu dans le travail de cette église par le prince Serban.
L'église de la princesse Marie, à Bucarest, offre la ligne élégante de son péristyle et les cadres sculptés de ses portes et fenêtres. Finie en 1683, elle conserve une belle épitaphe représentant Serban et sa femme, ainsi que leurs enfants, Georges et Cassandre (2). À Cotroceni, les douze colonnes rappelant celles d’Arges ornent de leurs belles lignes couronnées de chapiteaux corinthiens le narthex; la peinture a disparu, l’iconostase, une œuvre fouillée, contenant autour des icônes du meilleur style des feuilles, des fleurs, des animaux fantastiques, a émigré au Musée; des veilleuses d’un dessin de larges fleurs ouvertes, qui apparaissent à cette époque seulement, se trouvent partagées entre les différentes églises de Bucarest; la pierre sépulcrale de Serban, avec ses ornements en style baroque, dépasse tout ce qu’on avait déjà accompli dans ce genre: tout autour se succèdent les tombeaux des membres de sa famille (3).
L’ère de Bräncoveanu se préparait par tous ces essais de créer-un type définitif.
Pendant toute cette époque, le travail des métaux, dû à des artistes plutôt indigènes, continue. On a un admirable Évangile de Mathieu à l’église de Saint-Sabbas, de Jassy, avec de grandes figures, énergiquement martelées (4).
Le petit sceau du prince Antoine est d’une grâce particulière et celui de Grégoire Ghica, de grandes dimensions, ressemblant à celui de Mathieu, porte la date, en chiffres, à côté de l’autre. On a aussi une boïte en argent doré contenant un diplôme pour le Mont Athos: on y voit, d’un côté, l'aigle valaque au-dessus de l’inscription en lettres d’un fin travail, de l’autre les deux saints couronnés autour de l’arbre et la couronne à cinq branches surmontant un cadre de caractère occidental au-dessus du corbeau volant (5). Duca a dans le sceau valaque, supérieur à celui dont il se servait en Moldavie, le taureau inscrit, sur un écusson, en bas de l'emblème de la seconde principauté roumaine. Le sceau du couvent de Bucovät représente la Vierge, l’enfant sur les bras. Dans celui du Vornic Cretulescu et de son parent Radu, on les voit siégeant (6).
Serban lui-même fit réparer le couvent d’Arges, et 1l s’en targue dans une longue 1inscription qu'il oppose à celle du vieux Neagoe. Le sculpteur a marqué son nom sur les murs: c’est le boïar Cornescu : on le connaît par la chronique moldave de Neculce, qui raconte comment ce noble de petite lignée travailla pour le Sultan, en 1673, une représentation
en cire de la forteresse de Kamieniec-Podolski, que les Turcs venaient de prendre sur les
Polonais (7).