CI. M. H.R
Palais de Potlogi : ornements en stuc,
deux, toute une série de colonnes formant un péristyle ouvert, à la base sculptée, comme dans l’église de Saint-Georges-Nouveau; au bout un autre balcon appuyé sur des piliers ;
sous la corniche courent trois lignes en dents de scie.
Les colonnes corinthiennes à la surface tordue, aux bases ornementées de feuilles et de
Palais de Mogosoaia. CI. M. H.R.
fleurons, témoignent de la perfection à laquelle en était arrivée à ce moment la sculpture en pierre. Les consoles à feuille d’acanthe, à l'emblème des Cantacuzènes, au blason du pays reproduisent dans le mouvement celle de la tour de Dealu; les fenêtres à jour sont d’une grande beauté. La Mottraye, qui voyageait en Valachie à l’époque de Charles XII, à vu encore sur
l'édifice devenu, après la déposition et le supplice, en 1714, à Constantinople, du vieux prince
et de ses fils, un khan ouvert aux passants, les anciennes peintures représentant, entres autres, les scènes du voyage de Brâncoveanu à Constantinople. Le même mentionne aussi les riches plafonds dont on peut se faire une idée d’après des éléménts de Hurezi. Toute cette partie de l’ornementation est évidemment due à l'influence de l’art constantinopolitain que connaissait si bien le prince lui-même, ancien représentant du pays auprès de la Porte et possesseur d’une maison de campagne à San-Stefano. Les surfaces entre les sculptures étaient ornées de peintures représentant les ancêtres de Brâncoveanu (1).
La chronique de Cour de Radu Greceanu mentionne la date à laquelle ce prince fit
CIM. H. R.
Ornements du palais de Mogosoaia
l'acquisition de la terre de Doicesti, appartenant à la famille, proscrite, des Bäläceanu. Il y élevait, en 1706, une église sans absides latérales, mais avec un superbe péristyle. La torsade qui l'entoure est comprise entre deux lignes de dents de scie (2). La porte a un double cadre de fleurs tout à fait remarquable : sur la façade, au-dessus du tore et sur le registre qui s'étend jusqu'aux séries de dents de scie qui bordent la corniche, on a de ces ornements peints dans le genre des reliefs de stuc dont nous avons déjà parlé ; les faces latérales n’ont pas d’arcatures. Des contreforts les soutiennent ; la porte d’entrée peut être, à juste titre, comparée à celle de Coltea, et les chandeliers de bois ont des motifs de figures ailées qu’on ne trouve nulle part ailleurs. À côté, s'élevait un second palais, dont on a conservé malheureusement beaucoup moins que de celui de Potlogi, à l'exception des fortes murailles d'enceinte, hautes de six mètres. Mais on peut se rendre compte qu'ici encore il s'agissait, d’après un modèle qui était celui des maisons paysannes, d’un second étage bâti sur les voûtes de la cave et d’une loggia sur
la façade (3).
1. D’après La Mottraye, Voyages, I, p. 208 IT, p. 217 et Sulzer, Geschichte des transalpinischen Daziens, I, Vienne, 1781, p. 300, Dräghiceanu, dans le Bulletin, II, p. 149 et suiv.