‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 197 sur 207 · OO · texte numérisé non relu

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Une vingtaine d'années après l’érection de l’église des Trois-Saints, en 1670, le prince Georges Duca fit bâtir sur une des collines qui dominent Jassy un monastère, Cetätuia, dont l’église reproduit celle des Trois-Saints dans ses dispositions principales.

La façade est en pierre de taille, mais elle ne présente pas la riche ornementation de son prototype. Comme toutes les églises de ce siècle, elle est entourée du càble tors caractéristique.

En somme, pendant tout

ce siècle, mais surtout pen- Église de Nicorita (Jassy) dant sa seconde moitié, il y a une hésitation entre les anciens principes de construction qui tendent à disparaître et les nouveaux qui, sans idées définies, sans direction précise, cherchent à les remplacer. Les églises de Burdujeni, de Hlincea, de Bârnova continuent plus ou moins la vieille tradition, celles de Nicorita, de Saint-Jean-Chrysostome (1683), de Saint- Athanase de Copou, les trois à Jassy, sont du type trapu dont nous avons parlé. C’est dans cette direction que s’orientent de plus en plus les constructions de la fin du XVII siècle.

Il nous faut encore citer l’église de Goha, une des plus importantes de Jassy. Reconstruite à la place d’une ancienne église, par Basile Lupu, et terminée seulement en 1660, elle possède quatre tours d’inégale grandeur, qui trahissent l'influence russe. Il faut remarquer le parti de couvrir chaque voûte individuellement, principe ignoré jus-

qu'à présent en Moldavie.

L’ornementation de ce que l’on voit en- 2; Me 327 3 5 .

core des parties supérieures de lédifice est, Église de Saint-Jean Chrysostôme, à Jassy de même, d’une influence orientale ou russe et est gauchement exécutée. On ne peut plus juger des façades, car l’église a été complète-

ment enveloppée d’une nouvelle construction de style italien dans le courant du XVIII° siècle.

En résumé, malgré les bâtisses remarquables qui ont été exécutées pendant ce siècle

et qui, par la qualité des matériaux et la richesse de l’exécution, dépassent celles des siècles précédents, on se trouve dans ses dernières années en pleine décadence.

Ce n’est plus une même ligne de conduite qui dirige, aussi bien dans le domaine politique que dans le domaine intellectuel. Les constructions, qui parais-

sent toujours être un reflet de la puis-

sance du pays, se ressentent de l’état

chaotique du siècle. Elles représentent,

dans les bons moments, le caprice du prince et non plus la tradition nationale

avec laquelle pourtant on ne peut pas

rompre immédiatement; de temps à au-

tre, elle se ressaisit, mais pour reculer Église des Courroyers (Jassy)

ensuite et disparaître sans que rien ne

la remplace qu'une manière de bâtir abâtardie et qu’une façon de décorer encore plus gauche

et naïve dans ses prétentions.

Église de Saint-Théodore, à Jassy

Pendant le XVIII‘ siècle qui commence, cette décadence s’accentue et ce n’est qu’au

point de vue documentaire qu’il est intéressant de poursuivre l’étude de l’évolution constructive de nos églises. Au point de vue artistique et esthétique, l'intérêt est des plus minimes. Les monuments perdent toute harmonie de proportions ; les tours, particulièrement, sont lourdes d’aspect et mal placées. De nouveaux principes régissent l'établissement des voûtes. Nous trouvons fréquemment des voûtes à pénétrations. Les arêtes sont quelquefois ornées de petites moulures en enduit (église des Courroyers, à Jassy). Les retombées reposent sur de petites consoles plus ou moins ornementées. J ! L'influence des styles italiens est visible. Tels motifs ornementaux sont du Louis XIV, du Louws XV, plus ou moins déformés ou plutôt du baroque; mais on peut se demander par quelle voie cette influence a pénétré. ‘ Est-ce par des ouvriers venus directement ou plus probablement par la voie de Constantinople, où le décor ottoman disparaissait à cette époque devant l’ornementation occidentale, plus ou moins altérée dans ses formes ?

L'avènement des princes phanariotes en Moldavie est un argument en faveur de

cette hypothèse.

D'un autre côté, en Russie — et d'abord en Ukraï- Église de Saint-Georges (Vieille Métropolie), à Jassy ne—il y a une évolution du "au même genre à cette même époque et le baroque italien était en train de remplacer les derniers éléments de l'architecture russe, avant même les réformes de Pierre-le-Grand.

La décoration extérieure présente la même évolution ; les arcades et les niches, au lieu d’être en plein cintre, sont en accolades, en trèfle, forment des espèces de panneaux découpés, quelquefois des rosaces ; le tout d’une exécution généralement très imparfaite. Dans la décoration sculptée, apparaissent timidement des représentations humaines (église des

Courroyers).

Enfin on voit s’introduire de plus en plus l’exonarthex ouvert sur colonnes ou piliers

élément valaque.

Nous citerons comme caractérisant cette époque, les églises de Saint Théodore, de Saint-Élie, de Saint-Charalampe, de Saint-Georges, près de la Métropole, à Jassy.

Vers la deuxième moitié du XVIII* siècle, le goût italien l'emporte de plus en plus et l’on commence à construire dans ce style en abandonnant complètement ce qui reste du style moldave.

Nous avons déjà parlé du revêtement de l’église de Golia Nous citerons encore les églises de Casin (commencement du XIX° siècle) et de Frumoasa, plutôt pour marquer

l'avènement du courant nouveau que pour leurs mérites artistiques.

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