‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 24 sur 207 · OF HE · texte numérisé non relu

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I La première bâtisse d’Étienne-le-Grand, qui se saisit en 1457 du trône moldave, par une double victoire, assez facile, sur son oncle usurpateur, Pierre Aaron, meurtrier de son père, Bogdan, fut Putna, élevée ou plutôt continuée e terminée (1466-1470) pour commémorer, d’après une coutume caractéristique pour ce règne glorieux, qui dura presque cinquante ans, une victoire sur les Tatars envahisseurs. Le mur d’enceinte, avec la tour, datent de 1481, et il fallut bientôt faire disparaître les traces d’un incendie.

On se trouve d’emblée — et on peut facilement le reconnaître, malgré une transformation portant sur l’aspect extérieur des murs et sur tous les ornements extérieurs, qui fut accomplie assez grossièrement vers 1660 — devant le type permanent de l'architecture moldave, qui deviendra, après quelques dizaines d’années, le style roumain en général.

On a conservé la forme en trèfle. La façade présente un mur sans ornements, sur lequel s'ouvre une fenêtre. L'entrée est à droite, dans le mur latéral. On pénètre par une porte basse, non ornée, dans un petit narthex, qu'aucune tour ne surmonte. Maintenant, au milieu du second mur, qui correspond à celui de la façade, une grande et haute porte ornementée donne passage dans le pronaos, l’espace réservé aux femmes et au public profane : il forme la tige de la croix. La nef, unique, s’arrondit en absides latérales, dans lesquelles sont fixées les stalles des moines. En face, une iconostase en pierre, en bois, on ne saurait pas le dire, car on n’en a pas de datés, cache l'autel, le sanctuaire, à droite et à gauche duquel on voit la prothèse et le diakonikon. Tout cet arrangement s'explique par le besoin de réunir ces deux éléments pratiques: réserver au clergé monacal le centre même de la bâtisse et permettre à la Cour du prince, qui venait passer quelques semaines ou quelques jours par an dans chacune de ses fondations, d’assister à l'office.

Il n’y a qu’une seule tour, au milieu (et, comme on le verra, par endroits, on s’en passe). Un nouveau système est employé pour rendre la voûte plus résistante. La coupole ne s'appuie pas directement sur sa base: un élément mitoyen est introduit. La tour ne s’en enlève que plus facilement, s’effilant de la première base à la seconde. M. Romstorfer (1) a donné dans ses ouvrages sur l’architecture moldave tous les détails techniques concernant cette innovation, et on trouve dans l'étude, qui suit, de M. Bals, une explication complète du procédé, ce qui nous dispense d’insister.

Ajoutons que les cloches ne se trouvent pas ici, mais dans le haut clocher séparé, par la porte duquel on entre: 1l est pris dans les murs d'enceinte.

Les ornements sont exclusivement gothiques: les fenêtres de la façade ont des colonnettes intermédiaires et des rosaces ; des lignes en style occidental, s’entrecroisant, entourent les fenêtres; les pendentifs de la coupole reposent sur des consoles gothiques.

Ainsi, le mélange tout particulier des styles commence déjà. Mais le plus intéressant c'est la polychromie qui distingue l'extérieur des murs.

A la base, 1l y a des assises de pierre grise; plus haut, la brique s’étage sans aucun mé-

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