‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 37 sur 207 · CL. .M'H.'R · texte numérisé non relu

CL. .M'H.'R

Évangéliaire moidave du xv° siècle.

lées que sont composés les majuscules qui ouvrent le texte des Évangiles. On a relevé, avec raison, les ressemblances qui existent entre cette ornementation et celle des tissus populaires (1). On peut ajouter que les dessins qui, dans les fresques, séparent les portraits et les scènes, ont, surtout sous le rapport de la couleur, des effets semblables. Entre les différents aspects de l’art, il y a donc cette unité qui signifie l’apparition d’une origina-

lité nationale.

1. J. Bogdan, dans les Annales de l'Académie Roumaine, XXXIX, p. 646. — La section littéraire de l’Académie Roumaine est en train de publier un album des manuscrits ornés.

Dès 1473, le moine Nicodème, à Humor, rivalisait avec Palladius de Putna, donnant de ces beaux livres ornés. Les Évangélistes, d’une exécution tout à fait supérieure, comme mouvement, comme plis des vêtements, comme expression du visage, figurent dans un cadre parmi les fleurons duquel on reconnaît le dessin spécial qui distingue la pierre tombale de Marie, fille d'Étienne, à Putna. On ajoutait le portrait d’Étienne lui-même à genoux devant la Vierge trônant, le Fils appuyé sur sa main gauche. Ce portrait, très populaire, qu’on préfère à tous les autres, est vraiment la reproduction d’après nature, très soignée, d’une figure

ronde et grasse, aux grands yeux bleus sous des sourcils arqués, très prononcés et avec une

Évangéliaire moldave de 1555. . CLMH.R,

moustache dure et courte; le vêtement de brocart rouge foncé à ornements d’or retombe sur un autre d’un rouge brique; il y avait jadis de l’or sur les bandes qui ourlent ce vêtement de. cérémonie (1).

Il ne faut pas oublier toute une école de secrétaires princiers, auxquels on doit, non seulement la rédaction, mais aussi lexécution graphique de ces beaux documents des XIV° et XV° siècles qui commencent avec Roman, se continuet par les actes, d’une écriture écrasée, d’Alexanle-Bon, pour arriver à la forme, très distinguée, des chrysobulles d’Étienne lui-même, dans lesquels on observe déjà le souci de donner à l’initiale un aspect artistique. Nous avons relevé toute une liste de ces écrvains, qui n’oubliaient pas de mettre leur nom dans un coin du parchemin, et les noms sont pour la plupart nettement roumains, car ces élèves des initiateurs russes de Galicie — où régnaient des princes lithuaniens dont l’un, Yourg Koriatovitsch,

paraît avoir été appelé par les boïars moldaves pour périr misérablement — ou valaques

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