‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 4 sur 207 · Pârvan, loc. cit., pp · texte numérisé non relu

Pârvan, loc. cit., pp

53. Cf. notre ouvrage sur Chilia et Cetatea-Albä (Séwdii istorice asupra Chiliei si Cetätii-Albe), Bucarest 1900, p. 23 et ‘suiv.

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petites fondations locales, du côté de la Scythie Mineure, où les Roumains, après leurs ancétres, Géto-Daces et Romains, ont conservé toujours la possession de la rive droite. Dans le récit d'Anne Comnène, on voit que la ville conservait encore ses fortifications anciennes. L'œuvre artistique des Byzantins sur le Danube a dû continuer aussi longtemps que leur œuvre militaire et politique.

Mais l'intérêt se détache peu à peu de ces rivages danubiens. Déjà, au milieu des Roumains balcaniques et des Albanais, races nouvelles comme manifestation historique au moyenâge, un nouvel État balcanique avait surgi dès la fin du x° siècle, sous le nom de cette Bulgarie, qui signifiait avant tout l’opposition de langue slave à la Byzance grécisée. Lorsque les Byzantins revinrent, et après leur départ, au moment où les Vlaques de Thessalie fondent un troisième Tzarat bulgare, à la fin du XII° siècle, on bâtit de ce côté, à Ochrida, où s'élevent les églises de Sainte-Sophie, de la Vierge, de Saint-Jean, des Saints Constantin et Hélène, et, dans les environs, le couvent de Saint-Naoum (XIII° et XIV* siècles), à Trnovo, résidence des Assénides de la dynastie valaque (églises de Saint-Démètre, des Saints-Pierre et Paul, des Quarante Martyrs) (1), à Mésembrie, où le type de l’église byzantine du XIV° siècle se pré-

sente de la façon la plus complète, dans le plan général aussi bien que dans les ornements.

On est déjà à l’époque des Paléologues, et l’on sait aujourd’hui combien fut puissant et productif le mouvement rénovateur qui, sous des influences italiennes, envahissant la vieille Byzance aussi sous le rapport économique et même religieux (l’activité du moine calabrais Barlaam), donna à Misithra ses églises d’un type nouveau, au Mont Athos toute une série de nouvelles bâtisses, à Salonique l’église des Saints-Apôtres, à la Macédoine les nouvelles bâtisses d’Ochrida et de Prilep (Saint-Nicolas, 1209) et à Constantinople elle-même la Fétiyé- Dschami et ces mosaïques admirables de la Moné tès Choras, Notre-Dame de la Campagne (2).

Bien avant ce moment, d’anciennes traditions byzantines avaient amené à Cattaro la fondation de ces modestes églises sans colonnes, sans ornements, avec une mince coupole affaissée, qui devinrent les modèles des premiers édifices religieux serbes de la Morava. D’après des types de Constantinople, se sont dirigés les constructeurs des églises de Courchoumlia, en briques, avec la coupole unique couronnant un cube massif de briques. Stoudénitza, recouverte de marbre, portant des sculptures occidentales, offre cette forme en croix que l’Athos affectionna ; déjà la coupole surgit d’un toit à deux versants, qu’elle sépare, et à Podgoritza, elle aura une base carrée. À Jitscha, aux murs où la pierre alterne avec la brique, des chapelles latérales s'ajoutent des deux côtés du narthex, un balcon au-dessus du narthex, une tour appuyée sur la façade. Avec sa très haute coupole, les colonnes occidentales de la façade, sa triple nef, ses carreaux de marbre multicolore et ses frises de petites arcatures reposant. sur des fleurs ou des monstres, sur des figures humaines même, Detschani montre bien l’origine du moine de Cattaro qui l’a bâtie. À Gradatschil y aura des contreforts gothiques. Si, plus tard, à Gratschanitza, à Ravanitza, on passera à toutes les complications de l’art byzantin, la

forme simple gréco-serbe inspirera les architectes roumains.

1. Voy. Filow, l’ancien art bulgare, Berne 1010. 2. Voy. Millet, l’école grecque dans l'architecture byzantine, Paris 1916.

À ce moment, dans la montagne valaque, se formait, en réunissant des voévodats qui existaient depuis longtemps, capables de combattre contre les envahissements du roi angevin de Hongrie, la « grande principauté de toute la terre roumaine », et cet art nouveau devait s’y transporter pour subir, sous l'influence de l'Occident hongrois et polonais, français et alle-

mand, des transformations profondes jusqu’à fournir à la civilisation un nouveau type dans tous les domaines.

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