DÉLITS D A
Nos Znscripti, II (Séudii. si documente, XV), p. 80, n° 223.
au EE
Le père et la mère des deux enfants, vêtus de rouge, ne portent pas la couronne. Il est très
probable que le petit couvent fut dû à leur piété. D’après la scène dédicatoire, l’église, bâtie
Monastère de Dealu.
en assises parallèles de pierre et de briques, a une forme rectangulaire: un petit sanctuaire
semi-Circulaire s’y ajoute. La peinture, dans un cadre de rosaces, est très soignée (1).
1. M. Filov l’a reproduite dans son « Art Bulgare », comme représentant un certain Radivoi (pl. LV). On ne s’imagine ce nom sans aucune explication concernant le personnage.
Pendant que Gherghina et sa femme Neaga travaillaient au couvent de Nucet (1), le prince valaque reconstruisit Govora (2), à laquelle il donna des objets du culte, dont on a encore un épitrachile, orné de croix dans des cadres de lignes entrelacées: les figures des saints, d’une grande beauté, ont le caractère occidental (3).
Mais l'œuvre principale de Radu fut son couvent près de Târgoviste, Saint-Nicolasdes-Vignes, « sur la colline », nommée par conséquent Dealu, dont 1l voulait faire la nécropole de sa dysnastie, rivalisant avec la Putna d’Étienne-le-Grand. Le 26 août 1400, était terminé le clocher même, ainsi que le montre une inscription dont nous nous occuperons plus bas (4).
C’est un édifice carré de pierre lisse, sans aucun mélange de brique. Bien qu’assez étendu, il est composé seulement d’un narthex et de la nef, plus, évidemment, le sanctuaire, sans chapelles latérales. Deux tours, de face, s'appuient sur le narthex; au-dessus de la nef s'étend la principale, d’un bel élan.
Quant aux ornements, ils sont formés, comme en Moldavie, par deux séries d’arcatures aveugles, dont le registre supérieur est de proportions plus réduites; une ligne en relief, simple, les sépare. Çà et là apparaissent des disques sculptés, comme dans les constructions serbes du XV° siècle. Un dessin extrêmement riche et d’une science parfaite du détail borde le fronton arrondi, la base carrée des tours, les trois fenêtres oblongues des tours du narthex, celles qui s'ouvrent dans la tour principale; une dernière ligne ourle la toiture de cette même tour, et, plus haut, sur des lignes en rehef, une rangée de fleurons; les tours ont conservé leurs belles couvertures en plomb.
L'entrée est de face: au-dessus de la porte, on voit un demi-cercle de marbre bigarré, au-dessus duquel se ferme la ligne supérieure du cadre carré; sur le tympan se détache l'image du saint patron. À droite et à gauche, deux larges registres, composés de lignes qui s’entrecroisent, contiennent l'inscription de 1500, dans de beaux caractères de trait vénitien.
Tous les ornements ont disparu. Il ne reste pas même le tombeau du fondateur, et sur un autre, en forme de cercueil, contenant les restes du prince Vladislav (+1455), on lit une inscription qui date seulement du règne suivant, celui de Neagoe. On peut douter si l’église fut jamais recouverte de peintures, car, après la mort de Radu, ses successeurs immédiats eurent d’autres soucis. | /
L'ancien clocher n'existe pas, mais ceux qui seraient disposés à nier l'influence de l’art occidental venant de ce côté, surtout par Venise, peuvent étudier la pièce de sculpture qui ornait cette tour. On y voit au-dessus de linscription, mentionnée plus haut, un heaume à aigrette, ayant du côté gauche le croissant; au-dessus, le corbeau, — qui remplace déjà l'aigle comme emblème du pays, — est d’un style tout à fait italien : 1l tient la croix dans un
mouvement que la Renaissance seule a pu apprendre aux artistes (5).