CI. Reissenberger
la construction de la tour de l'église et de la barba- Église épiscopale d’Arges (détail). cane en 1513; Militza envoya un rideau de fil d’or pour l'image de la Vierge « Portaïssa ». Au Pantokrator des bâtisses furent ajoutées par ses soins, à Vatopédi, si ce n’est pas lui le prince valaque qui fonda une nouvelle chapelle, il fit construire un magasin d’huile, et sa femme donna pour l’image de la Vierge un « globe » d’or orné de perles et de pierres précieuses. À Xéropotamo, la cave, la trapéza viennent encore de lui; à Saint-Paul, une inscription slavone de 1521-1522 le mentionne avec son fils Théodose, comme fondateur de la tour de garde, terminée seulement, ainsi qu’en témoigne une inscription sur l'escalier de marbre, par le prince Pierre, autrement dit Radu Païsius, ancien hégoumène d’Arges.
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Le couvent de Xénophon participa aussi à cette distribution de dons (1).
En Bulgarie, au monastère d’ « Oréikou » (peut-être Orékova, Oréhovo, Rahova), avec
1. Bulletin de la section historique de l'Académie roumaine, II, p. 177 et suiv. On y trouve aussi Pénumération des dons faits par les princes valaques ses successeurs aux couvents de la Sainte-Mon-
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les reliques de saint Grégoire le Thaumaturge, c’est à lui qu’on doit le narthex et la couverture, ainsi qu’une couverture de pierre sur la châsse, un édicule comme à Arges, peint et doré. À Ménorlitza, qui dépendait de cette maison, on avait de lui l’église elle-même. A Kouchnitza, à Koutschéina en Macédoine, il figurait parmi les donateurs, ainsi qu'aux Météores de Thessalie, à Treskavitza en Paphlagonie, à Jérusalem même (1).
En même temps que les travaux d’Arges, Neagoe faisait commencer le nouvel édifice de la Métropolie de Târgoviste. Destinée à un tout autre usage, dans une ville bien habitée et encore importante par son commerce, il adopta la forme carrée des basiliques. Un grand narthex, pour les femmes, est précédé d’un portique ouvert, comme celui d’Arges, qui cependant s’adosse ici à la façade même. Le narthex garde ses trois tours. Mais le corps principal de l’église, la partie la plus importante, est flanqué de deux tours latérales précédant celle
qui surplombe la nef, qui, celle-ci, garde aussi, comme dans l’église princière d’Arges, les
Église épiscopale d'Arges (détail). CI. Reissenberger.
deux fenêtres supérieures des fausses tribunes. La prothèse et le diakonikon supportent deux autres petites tours.
On ne connaît pas l’ordonnement intérieur de l’église, détruite pour faire place à un édifice bizarre, qui attend depuis de longues années d’être terminé. On peut soupçonner cependant deux rangées de colonnes séparant trois nefs.
Quant à l’ornementation, on ne peut plus reconnaître dans le beau dessin de Reïssenberger, sous l’enduit d’une époque postérieure, que, sur le fronton qui s'élève en portail byzantin arrondi, une frise plutôt simple sous la corniche, des demi-arcatures, en deux registres, au-dessus d’une ceinture simple, et, sur les côtés le même système, avec des fenêtres ressemblant à celles d’Arges, dans le registre inférieur; le registre supérieur offre trois fenêtres, dont l’une sur un plan supérieur et trois autres tout en haut, sous les deux arcatures des fausse tribunes. Les tours paraissent n’avoir été ornées que d’une frise en dents de scie sous la corniche et de linteaux le long des fenêtres étroites. L'édifice ne fut terminé que sous le prince Pierre ou Radu Païsius, vers 1530 (2). Un voyageur du XVII° siècle, Paul de Alep, le comparait à Sainte-Sophie elle-même. Rien n’est resté de la peinture, terminée sous le Métropolite Barlaam, pendant le même règne (3).
Cet art était-1l uniquement d'emprunt? Les noms de Marc et de Dobromir sont déjà
1. Vie de Niphon, dans Laurian et Bälcescu, Magasinul istoric, IV, pp. 258-250. Cf. Bulletin de la section historique de l’Académie roumaine, loc. cit.
2. Cf. le Bulletin, VI, p. 123 et suiv.; l’inscription, dans Musceleanu, /nscriptii, pp. 78-70. 3. Cf. nos Znscripfi, I, pp. 116-117; Hurmuzaki, XV, pp. 237-238, n° 433.
une réponse. Il y en a aussi une autre. Le 18 décembre 1518, Neagoe écrit au Conseil municipal de Hermanstadt-Sibiiu, pour se plaindre de ce qu'un des deux orfèvres saxons quil employait, Jean et Célestin, a retardé le travail d’une cassolette qui devait imiter la tour de cette ville. Une première forme avait été rejetée par lui comme étant de façon « tzigane ». Et il ajoute: « Nous avons dans le pays assez d'artisans qui auraient pu nous donner quel-
que chose de mieux » (1).
III. Il nous reste à étudier, en l’absence presque totale de manuscrits, les œuvres de l'imprimerie, établie en Valachie à cette époque, par le moine slave Macarius, élève des maîtres de Venise, qui, par Cettigné, où il avait travaillé à la fin du XV° siècle, vint en Valachie pour y être bientôt, à la suite de Maxime Brancovitsch, Métropolite et initiateur d’un mouvement cultural qui continuait celui de son conational, du XIV° siècle, Nicodème.
Il paraît que le plus ancien des livres imprimés par le moine slave à Tärgoviste, probablement dans le monastère même de Dealu, est, naturellement, un recueil de liturgies, des offices de l’Église orientale. Il porte la date de 1507. Les lettres sont d’un beau tracé; quand aux ornements, ils reproduisent sans aucune différence ceux qui, dès les jours de Gabriel, fils d'Ureche, figuraient dans les frontispices et les initiales des manuscrits dus à l’école de calligraphes de Neamt, mais sur les côtés une couronne à trois branches s'élève au-dessus du fleuron et, comme dans le cartouche de la tour de Dealu, on a introduit par endroits, au milieu du frontispice, un corbeau portant la croix. Parfois, on a aussi des initiales à fins ornements linéaires. Certaines lignes et les premières lettres des prières sont imprimées en
rouge.
Dans l’Évangile de 1512, la couronne trilobée des princes de Valachie apparaît aussi
au milieu; un tout petit emblème se cache dans le fouillis des lignes et de fleurons — 1l y a ici des fleurons à l’intérieur — d’un frontispice de plus grandes proportions; 1l apparaït en noir, la croix s'appuyant en terre et deux arbres figurant aux deux côtés.
Il fallut attendre le règne de Païsius, l’ancien hégoumène d’Arges — couvent qui fut probablement, comme Neamt et Putna, une école d’art — pour avoir, dans ce domaine, comme dans celui de l’architecture, du travail des vases (on a de Pierre et de son fils Marc un beau vase simple pour le pain bénit au couvent de Märgineni), un continuateur, et dans des formes plus ornées, car dans l’« Horaire » de 1545 des oiseaux picotent au-dessus d’un des frontis-
pices.
1. Tocilescu, loc. cit., p. 40. Célestin avait fabriqué dix-sept patères d'argent doré; Hurmuzaki, XV, p. 236, n° 431. Des « lapicides » saxons, p. 240, n° 437. Un procès avec Célestin, 5bi4., p. 240, n° 450. La veuve de Neagoe devait prendre de même un disque en argent et deux « scutelle »; Séudii st documente, III, n° LXXV. Un procès pour une couronne en or, Hurmuzaki, XV, pp. 367-368, 377-378. Sur des pièces d’orfèvrerie appartenant à cette époque, voy. le catalogue du Musée de Bucarest, pp. 144-118, 140 (croix de 1501), 143 (Évangéliaire du Postelnic Marcea, en 15109). Sur une image recouverte d’argent donnée par Neagoe, la Revista de Tocilescu, II, p. 49.