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DEUXIÈME ÉPOQUE FORMES DÉFINITIVES DE L'ART MOLDAVE

ART MOLDAVE APRÈS ÉTIENNE-LE-GRAND 1 0 en

I. Occupé de guerres, menacé d’invasions tatares, Bogdan, fils d'Étienne, n’ajouta, pendant son court règne (1504-1517), que bien peu au patrimoine d’art, si brillant, laissé par son père.

Il eut l'ambition de commencer dans de grandes proportions une église à Suceava, qu'il dédia à Saint Georges, patron des armées. Elle mesure quarante-trois mètres de longueur sur douze de largeur. Le travail n’arriva pas même jusqu’à la ligne des fenêtres, et l'édifice ne fut complètement terminé — la très belle peinture est cependant de la fin de ce XVI® siècle — que sous l’enfant Étienne-le-Jeune, fils de Bogdan, en novembre 1521, huit ans après la pose de la première pierre (1). Il fallut attendre jusqu’en 1589 pour avoir la grande tour des cloches. En 1570, déjà le Métropolite Théophane, dernier représentant du slavisme en Moldavie, ajoutait un « pridvor » devant le narthex (2).

Mais le travail continuait dans le sens déjà indiqué par les belles bâtisses du xv° siècle. Les boïars, devenus riches aussi par la participation à un commerce qui continuait à être florissant, fournissaient en grande partie les dépenses, comme l'avaient déjà fait, du temps d’Étienne, un Arbure, un Täutul.

Dès le Xv° siècle déjà existait, à Itcani, près de Suceava, la petite église d’un monastère de nonnes, qui fut transformée dans les mêmes proportions au XVII* siècle. On y trouve les tombes d’un Arménien de Turquie, Mourad, d’un marchand de Pscov, etc., car des marchands de cette époque paraissent l'avoir pris sous leur patronnage (3).

Le burgrave Drägoiu était enterré, en 1511, dans son église de Drägoiesti, depuis longtemps disparue (4). La pierre sépulcrale porte des ornements d’une belle exécution. Cozma Sarpe, un des plus importants parmi les conseillers, bientôt persécutés par la folie sanguiee de leur maître, du jeune Étienne, bâtissait, en 1519, l’église de Schei ou de Väleni, dans le district de Roman (5). Le riche Logothète, puis Trésorier, Gabriel Trotusanu, élevait en Bucovine, dans une vallée isolée, l’église de Pärhäuti, où il fit transporter les restes de ses parents, à commencer par Anne sa femme, fille de Luc Arbure (6). Cette dernière bâtisse se distingue par sa simplicité, mais en même temps par le fait que le clocher y adhère, avec ses deux étages à deux fenêtres de face et une fenêtre latérale de chaque côté; un seul toit en bardeaux, de belle forme évasée, recouvre clocher et église (à Reuseni, les cloches sont placées au fond d’une ouverture concave dans la façade elle-même). L'église conserve sa peinture.

Le travail des manuscrits se poursuivait à Putna, Neamt ayant perdu de son impor-

tance. Deux des manuscrits de Dobrovät, datant de la dernière année du règne d’Étienne-

Cf. Romstorfer, dans les « Mitteilungen der k. k. Commission », XXV, 1809, pp. 47-50. . Kozak, ouvr. cité, p. 135; cf. Melchisédek, dans la Xevista de Tocilescu, II, pp. 61-63. Kozak, ouvr. cité, p. 147 et suiv.

. Ibid., p. 151.

. Nos Znscriptii, I, p. 18.

. Kozak, ouvr. cité, p. 51 et suiv.

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le-Grand, sont dus aux calligraphes Païsius et Demètre le diacre. Mais c’est un moine de

Neamt qui écrivit un Triodion en 1525 : le protopsalte Paphnuce (1)

On a vu que les artisans des reliures en métal donnèrent aussi à cette époque inter-

médiaire des produits de leur habileté technique.

L’art moldave reprit son essor aussitôt après l'avènement d’un fils illégitime d’Étienne,

Église de Pärhäuti.

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