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CI. M. H.R

Église de Saint-Georges à Suceava (refaite par les Autrichiens).

devait être très court, comme la dernière bâtisse de cette période florissante. Elle porte la date de septembre 1560; il n’a fallu que quatre mois pour l’édifier. Aujourd’hui l’église apparaît totalement transformée. :

Des princes qui régnèrent ensuite: Jean-le-Terrible, fils de ce prince Bogdan, mais ancien joaillier à Constantinople, qui persécuta les riches membres du clergé pour leur soustraire l'argent nécessaire à sa révolte contre les Turcs, Pierre-le-Boiteux, rejeton de la dynastie valaque, qui occupa deux fois, sans prestige, ce trône moldave, étranger pour lui, Jeanle-Saxon, bâtard de Pierre Rares, né d’une femme de Kronstadt, aucun ne peut se comparer

aux descendants directs d’Étienne-le-Grand.

1. Bulletin de la section historique de l’Académie roumaine, XI, p. 188 et suiv.

Fresque de Snagov (xvi° siècle).

Copie de Mme Boulouguine

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Cependant le Valaque Pierre fit rédiger la dernière continuation des Annales slavonnes (« létopisetz » d’Azarius), qui feront bientôt place à la chronique en roumain. Et, après avoir donné à l’église de Saint-Georges de Suceava un clocher massif (1), il voulut commémorer son règne par l'édification d’un nouveau couvent, celui de Galata, près de Jassy.

Mais c'était déjà un autre art. La solide bâtisse en pierre à deux tours paraît n'avoir Jamais été recouverte de peintures extérieures; à l’intérieur, on a conservé seulement les portraits, refaits à une époque très récente, du fondateur, de sa femme et de sa fille. D’autres portraits contemporains les représentant montrent l’état de la peinture moldave contemporaine à Saint-Georges de Suceava, où ce supplément d’ornementation est dû à la cérémonie du sacre comme prince associé d’Étienne, fils favori de Pierre, — on voit dans le chàteau d’Ambras un bon portrait sur toile de cet enfant aux longs cheveux blonds, aux vêtements de brocart vert parsemés de fleurs d’or, aux légers souliers de mode orientale. Le

Métropolite Théophane avait ajouté, dès 1578-1570, un vestibule à la bâtisse (2).

À Jassy, les moines de Saint-Sabbas à Jérusalem se bâtirent, avec la permission de Pierre, qui avait un dépôt d'argent dans leur monastère, une église carrée, de forme grecque, surchargée d’une tour au caractère tout particulier: polygonale, écrasée; plus tard, une seconde s’ajoutera après que le narthex aura été prolongé. Ici encore la tradition d’art de la

Moldavie était brusquement rompue.

Elle devait être reprise cependant avant la fin du siècle pour donner une œuvre vraiment splendide, réunissant tout ce que la dernière formule du XVI° siècle pouvait avoir de plus beau, dans l’église de Sucevita.

Commencée dès 1580, comme chapelle de l’évêque Georges Movilä, terminée beaucoup plus tard, par les soins de ce prélat, mais surtout de son frère, Jérémie, qui devint prince du pays en 1505, elle a été parfaitement conservée. L’enceinte des murs, avec les si hautes tours à deux étages, garde un caractère imposant de citadelle.

À lintérieur, l’église s'étend, plus oblongue que les autres, sur quarante mètres de longueur et seulement huit à dix de largeur. Tous les éléments du type parfait de l’architecture moldave s’y rencontrent: la base saillante, qui tranche par sa ligne grise sur la surface extérieure, admirablement recouverte des plus riches peintures de murs, les arcatures rangées selon la coutume, la petite tour particulièrement fine, saillant du toit de bardeaux qui se modèle d’après les lignes des volutes. Comme à Pobrata, à Slatina, dans les petites églises des boïars, la chambre des sépulcres est intercalée entre le narthex et la nef. Mais le vestibule est placé d’une manière différente, avec sa porte d’entrée latérale et ses deux fenêtres en arc brisé.

Une innovation se rencontre aussi sur les pierres tombales de la famille : celles de Jéré-

mie, de sa fille Zamfra, du troisième frère, Siméon, qui fut prince de Valachie, contre

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