‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 72 sur 207 · Hurmuzaki, XIV, p · texte numérisé non relu

Hurmuzaki, XIV, p

4. Cf. aussi le Bulletin, VII, pp. 137-140. Voy. l'aspect et le plan de l’église dans Romstorfer, Die moldauisch-byzantinische Baukunst, planches 1 et 3.

ne disposait plus de peintres capables d'entreprendre de grands travaux, on a introduit une ligne de frises sous la corniche, avéc des dents de scie, une seconde ligne creusée dans le mur et trois autres de surface dont l’ornement est composé de petits cabochons en émail . vert, le plus souvent en forme d'étoile, mais aussi en fer de lance, en feuille de chêne, en simple disque. Ils parsèment aussi l’intérieur de la première rangée, très basse, des arcatures et se succèdent dans ces arcatures elles-mêmes. En bas, au-dessus du socle, il y a enfin une série d’autres arcatures, sans ornements (1). Les contreforts manquent. Il n’y a pas de peinture, bien qu’à cette époque un peintre de Zante, Stamatello Kostona, se trouvât en Mol-

davie, travaillant à Râsca (2).

Un des plus riches boïars du pays, le conseiller fidèle jusqu'au bout de la famille princière et le chroniqueur de sa patrie vers la fin du XV° siècle, un homme ayant — comme son collègue Luc Stroici, qui signait en lettres latines et en orthographe polonaise au-dessous des actes de Pierre-le-Boiteux — des relations d'amitié et d’affaires en Pologne, Nestor Ureche, au nom de baptême emprunté à l’Ilade populaire, répandue, de même que le livre d'Alexandre, à ce moment, dans ces contrées, voulut rivaliser avec ses maîtres et amis. Son ambition fut de créer en Moldavie, dans une vallée des Carpathes, non loin de la grande maison de Neamt, une réplique du couvent athonique du Xéropotame, et 1l éleva donc le

sanctuaire dont le nom en roumain, ayant le même sens, est Secul.

Bâtie en 1602, ainsi que le montre une bizarre inscription aux lignes inextricables, l'église a le style de Galata, étant bâtie en pierre. Les ornements sont très modestes, comme dans le couvent du prince Pierre: des arcatures sur deux lignes et une ceinture en Zigzag,

semblable à la frise qui court sous la corniche.

Ce qui fait sa grande importance, c’est cependant sa riche dotation artistique, exportée malheureusement aujourd’hui à Moscou, par crainte de la rapacité allemande, pendant la

grande guerre.

Les croix données par la famille Ureche ne portent pas la signature des moines-

orfèvres; elles sont travaillées selon la coutume. Mais il paraît que l’ « hiéromonaque Païsius », qui offrit l’une d’entre elles, en mars 1601, en déclarant qu'il l’a « faite et garme d'argent », était l'artiste lui-même (3). Un panagiaire en argent doré, portant l’image de

Saint Jean-Baptiste en creux, vient des donateurs eux-mêmes; un autre, daté de 1621, est un présent du prince Alexandre Ilias; l'inscription est en partie roumaine (4). L’épitaphe de Nistor Ureche et de sa femme, Métrophane, portant la date de 1608, est cependant l'œuvre de la nonne grecque Philothée, qui travaillait à Constantinople; les renseignements sont donnés en grec et en slavon. Les mouvements des neuf anges, dont cinq survolent la

scène de la Pitié, sont particulièrement libres et la figure du Christ a une expression inaccou-

1. Läpédatu, dans le Bulletin, TI, p. s et suiv. Cf. &bid., I, p. 37.

2. Ibid, VII, p. 190. On ne peut pas fixer le caractère architectonique de l’église de Saint- Georges dite Lozonski, à Jassy, due à un partisan et parent de la dynastie des Movilä; nos Z#scripfr, TND

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