‹ Histoire de l'art roumain ancienChapitre 75 sur 207 · CI. M. H.R · texte numérisé non relu

CI. M. H.R

L'église du cimetière de Cozia.

allongées, mentionne que cette chapelle des Saints Pierre et Paul a été bâtie, sous le Métropolite Barlaam et l’hégoumène Hilarius, par le Voévode Pierre et son fils Marc, les mêmes qui avaient terminé dans un autre style la Métropole de Târgoviste.

On ignore le nom de l'architecte, mais c'était sans doute un Moldave, car il a créé, dans le genre de Pobrata, mais avec plus d’essor, dans des proportions plus élancées, sur une base extrêmement restreinte, n'étant plus question de service pour un public plus large, un des plus nobles monuments de l’art roumain.

Avec des assises alternatives de briques et de pierre grise, donc sans intention de donner la peinture à l'extérieur, on a construit, sans socle, un édifice en forme de croix, En

face, sous une rangée de trois fenêtres aveugles, deux piliers séparent les baies de la double entrée ; deux autres ouvertures sont pratiquées au Nord et au Sud; c’est le vestibule ouvert de Moldovita et, en ce qui concerne le double étage, celui de Pärhäuti. Deux séries d’arcatures se succèdent, mais les absides latérales en sont dénuées. La petite tour a absolument l’aspect moldave. Il y a en haut, à l’ancienne manière, qui commence à revivre, une frise en dents de scie; les fenêtres, rares, n’ont pas de cadres gothiques, la porte d’entrée est entourée d’un simple cadre de bois et la seule inscription est due aux peintres qui en ont orné d’un ruban supérieur le vestibule.

Ces peintres, qui ont pris soin de laisser leur nom, ie « maître » Maxime, puis « le grand pécheur David et son fils Radoslav », ont laissé à l’intérieur de l’église une œuvre de tout premier ordre, créant une école de peinture qui continuera à travailler. On n’en a pas une description détaillée; à côté d’une reproduction des portraits de Mircea et de son fils Michel, on voit, comme dans la grande église d’Arges, ceux de Pierre, en habit rouge à fleurs d’or, avec un manteau vert fourré d’hermine, de Marc, couronné et vêtu de la même façon, de Roxandre, la fille de Neagoe, qui avait épousé en secondes noces cet ancien hégoumène de la nécropole paternelle d’Arges: elle est revêtue, ainsi que leur fille, Zamfira, d’un très riche vêtement de brocart d’or à fond blanc; des galons d’or l’ornent, ainsi qu'une plaque de fil d’or sur la poitrine; on remarque de belles boucles d'oreille dont les chaînettes retombent sur les épaules (1). Radu-Pierre et son fils ont laissé aussi tel plat pour le pain bémit, dans le genre déjà décrit pour les offrandes des frères de Craiova (2).

Une autre princesse Zamfra, fille du prince Moïse, mariée plusieurs fois en Transylvanie, devait renouveler le couvent de Nicodème, à Prislop, et employer les pierres à inscriptions roumaines pour bâtir une curieuse église de village à Dänsus, dans les environs de Sarmisagéthouza, la capitale dace: sur le fronton, on distingue encore une très belle image de la Vierge, des frises en dents 'de scie, des rosettes qui fixent encore mieux l’époque.

Le monastère de Mislea, brûlé il y a quelques années, appartenait aussi aux fondations de Radu Païsius (3).

Des pierres sépulcrales d’un très beau caractère font attribuer à la première moitié du XVI° siècle aussi des églises de village, comme celles de Verbila (Prahova), où les fondateurs sont le Spatar Dragomir et le Ban Thomas, plus un boïar de moindre importance, Caraciu ou Carapciu, sous le règne du même Radu Païsius. Cette fois on a le nom de l’architecte, qui est le « maître », le mastor Étienne. Pas de peinture contemporaine, mais on a les belles inscriptions funéraires du Vestiar Stanciu, un Filipescu, paraît-il, exécuté comme rebelle, de la dame Caplea, femme de Dragomir (4).

Un peu plus ancienne, l’église de Mihäiesti, dans le district de Muscel, contenait les

tombeaux de Badea, mort en 1532, de Läudat, qui finit ses jours l’année suivante, de Jitian,

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