Nos Znscriptiü, 1, pp
2. Un de ces vases à Märgineni (Prahova), fondation totalement transformée d’un des boïars de Neagoe, Dräghici Märgineanu; bid., pp. 93-05.
3. Sur Mislea, N. Constantinescu, dans l’Osnagiu lui I. Bianu, Bucarest 1916.
4. Nos Znscripti, Il, pp. 252-255. À Târgoviste l’église de Saint-Nicolas, bâtie par le Vornic Manea, daterait de 1527-1528; voy. nos /nscriptii, II, p. 89. Elle a été refaite. Cf. :bid., p. 94. L'église « rouge » de la même ville est due au Vornic Coandä; ibid., p. 354. Une église ruinée à Câmpulung vers 1550, ébid., p. 33. Celle de Subesti dans la même ville, est de 1552, 4b44., p. 30.
son fils (1). Le Gran-Ban Stroe, décapité le lendemain d’une révolte, gît dans l’église de Gäiseni, à côté d’une Anca, morte sous le règne de Neagoe, et d’autres boïars du XVI° siècle. Un peu plus loin, à Cäscioare, de l’autre côté de l’Arges, dans la plaine, de belles pierres du même caractère orné rappellent un Radu mort en 1545, mais un Stolnic Neagoe y était enseveli dès 1504 (2).
Puis Mogos, l'ancêtre des frères Buzescu, avait fondé, avant 1550, l’église de Stänesti (Välcea) (3). À Snagov même, dont nous nous occuperons bientôt sous le rapport de la peinture (4), parmi les tombeaux du vestibule, il y a celui d’un des boïars de Craiova, Pârvu, « le Grand-Vornic de tout le pays de la Hongro-Valachie et des bords du Danube » (mort en 1512) et du Grand-Logothète de ce même Neagoe, Jean (mort en 1514 (5).
Mircea, ancien négociant de bestiaux chez les Turcs — et c’est pourquoi on l'appelle « le Pâtre » (Ciobanul) —, fils de Radu-le-Moine, commença son règne valaque après celui de Radu Païsius. Il est le premier fondateur de l’église dite de la Cour princière à Bucarest, près de la rive de la Dâmbovita, opposée à celle où, sur la hauteur, sé trouvait l’ancien château des princes : l’œuvre fut continuée par sa veuve, Chiajna, fille de Pierre Rares, et par son fils Pierre, et l'inscription dit expressément que c’est à eux qu'on doit la peinture (6). Si des traces de l’ancien architecture existent encore, dans les arcatures de la tour, toutes moldaves,
cette peinture a disparu. On peut en retrouver cependant le caractère à Snagov.
Ici, dans l’île, au milieu du lac bordé de vieilles forêts, s'élève l’ancienne église de la Vovidénia, dont les lignes sont celles de la chapelle de Cozia, donc du type moldave Pobrata, avec la forme en croix, les deux rangées d’arcatures, la petite tour sur la nef. Comme dans la fondation de Radu Paisius, l'entrée est de face et la peinture extérieure manque. On a vu qu'elle existait dès le XIV° siècle, mais l’église a dû subir une reconstruction complète vers 1540.
A cette époque, avant de devenir la nécropole des boïars exécutés pour avoir levé les armes contre leurs maîtres, comme les quatre fils de cette malheureuse femme qui se fit nonne et demanda la faveur d’être enterrée à leurs pieds, elle fut peinte en entier par les soins de Mircea et de Chiajna. C'est, comme on peut le voir dans les planches coloriées de cet ouvrage, un superbe travail, de couleurs pâles, de lignes fines, offrant dans la scène de la Dormition un charme pareil aux meilleures peintures de l’église princière d’Arges. Les portraits de Mircea, de sa femme, de leur fils, Pierre, et les autres, méritent toute l’attention de l'historien d’art. On y avait ajouté ceux de Neagoe, de Militza et de leur fils Théodose. Les premiers au moins étaient peints d’après le vif, par des élèves des enlumineurs de Humor
et de Voronet.
Cette belle œuvre pourrait être rapprochée de ce qui, de toute apparence, fut accompli,
vers 1550, dans le domaine typographique, abandonné depuis quelque temps, en Valachie