CENT UMNERSITE OF ÉLUS
cé La
commémorant la famille « corvine » des princes de Valachie. Ce fut un prince magnifique, qui introduisit dans son règne alternatif, en Moldavie et en Valachie, les normes pompeuses de la Cour de Constantinople. Marié à une Grecque, Argyra, il fut le protecteur constant du Mont Athos: Radu en fit venir le moine Parthénius, auquel il confia les travaux pour la construction de son église, qui remplaça la fondation médiocre de son aïeul, le prince Alexandre, brûlée, en 1505, par les Turcs de Sinan-Pacha, qui y construisirent cette forteresse, cette palanca dont parlent les documents de l’époque. Sauf l'inscription grecque sur marbre, les anciens tombeaux et celui de Radu lui-même, mort à Hârläu, en Moldavie (1626) — les lettres sont d’un très beau dessin —, on n’a aucun reste de la forme initiale, à trois tours, et des premiers ornements de cette église (1). Seule, la forte tour d'entrée a gardé son aspect imposant. Quant à la peinture, elle n’a rien donné d’important, à une époque où le Chypriote Luc, devenu évêque de Buzäu, puis Métropolite, formait toute une école de calligraphes connus en Orient.
Pendant quelque temps, la Valachie assista au rapide changement des princes, trop pauvres pour contribuer au vêtement artistique du pays. Léon, fils de Tomsa, rejeton grécisé d’un prince moldave, se bornait à élever une croix pour commémorer sa victoire sur les rebelles venus de Transylvanie en 1631 (2). Avec sa femme, Victoire, il faisait recouvrir, cette même année, d'argent, une icône principale, celle de Saint Georges, du couvent de femmes de Viforâta, près de Dealu: c’est la première fois qu’on trouve ce travail — et il est d’une fine exécu-
tion, — ce revêtement appliqué aux grandes images qui figurent devant l'autel (3).
Le chef, en 1633, des rebelles contre le Grec Léon, fondateur lui-même de l’église de Slobozia, à Bucarest, prétendait descendre de Neagoe lui-même. Cet Aga Mathieu, un des soldats de Michel-le-Brave, gagna la bataille qui lui donna pour une vingtaine d’années l'héritage de ses ancêtres. Se rappelant les œuvres accomplies par ces derniers dans le domaine de l’art, il fut un constructeur zélé d’édifices religieux et mêmes profanes qui commémorent encore son nom.AT àrgoviste, 1l mentionnait ses « ancêtres de la famille des Basarab », dans un document qui rappelle la reconstruction de l'édifice des bains (4).
Sa principale fondation fut le monastère de Cäldärusani, non loin de Bucarest, dédié à Saint Démètre, en action de grâces pour la victoire remportée en 1632. Plusieurs fois refaite, l'église garde ses lignes conventuelles, mais ce qui impose c’est surtout la masse des murs qui contiennent les cellules et sa forte tour qui le domine; une description technique n’en a jamais été donnée, et l'édifice entier le mériterait bien (5). Mathieu répara Plumbuita, couvent près de sa capitale, entouré d'habitations, d’une forte structure, pour les moines, puis l’église de Câmpulung, que cette époque attribuait au fabuleux prince Negru (6); 1l donna à Bucarest, où Sainte-Parascève (Sfânta Vinere) date de 1605, l’église de Särindar, détruite 1l y a
une vingtaine d'années, après avoir été maintes fois transformée.
1. Nos Znscrip{i, 1, p. 245 et suiv. Cf. G. Ionescu-Gion, /storia Bucuregstilor, pp. 235, 250. . Nos Znscriptii, I, pp. 258-250.
EG CPE
. Läpédatu, dans le Bulletin, III, pp. 90-01.
. Un épitrachile représentant le prince Radu Serban (1603-1611), avec ses fils Jean, Hélène, Anca, fut donné par lui au couvent de Märgineni ; Catalogue du Musée National, p. 106. Sur un vase pour le pain bénit, de la même époque, voy. nos Znscriptii, II, p. 310. Une image de Saint Bessarion, contemporaine, 2bid., I, p. 261.