II: « Le Mont-Athos et les pays roumains
marchands à Buzäu (église des « negustori »), Preda Brâncoveanu, un cousin du prince, à Motru et à Brâncoveni, Constantin Cantacuzène à Filipesti, le Métropolite Étienne à Grämesti, tel autre à Polovraci, dans la montagne (1).
Partout ce qui distingue ces édifices, c’est d’abord la formidable tour qui imite la tour moldave introduite déjà à Radu-Vodä par le prince fondateur. Puis la frise en zigzag
de briques qui sépare les deux registres d’arcades et orne la corniche.
Un intérêt spécial est offert par l’église de Bälteni, élevée en briques alternant avec la pierre, non loin de Bucarest, dès 1626, par le Vornic Hrizea, « esclave » de Radu Mihnea et un des principaux boïars de cette époque, pour honorer Saint Nicolas. Dans le caractère bizarre de la façade — on reconnaît facilement la partie ajoutée, — on distingue un péristyle à dixhuit piliers en briques, qui borde aussi les parties latérales de l’édifice, jusqu'aux absides. Des
contreforts compliquent le caractère de la nef et du sanctuaire (2).
De la peinture de cette époque, 1l n’y a que la partie qui n’a pas été renouvelée à Sadova. À Stänesti, on lisait le nom d’un peintre grec de 1537 (3), et cette peinture est très belle.
Déjà Radu Mihnea avait donné pour les reliques de Saint Grégoire le Décapolite, à Bistrita, une belle châsse en bois (4), et un évêque moldave en exil, Théophane, avait refait les fonts baptismaux au même couvent (5).
Le travail des métaux était, dans ce pays, confié aux artistes saxons de Transylvanie. On leur doit les châsses d’Arnota, conservées aujourd’hui dans l’église épiscopale de Râämnic (1641) (6), et probablement aussi le tabernacle de l'évêché de ce Râmnic (1642) et celui de la chapelle mentionnée du Mont-Athos, portant la date de 1643-44 (7). En 1644, Mathieu faisait don à l’église de Chilia d’un Évangéliaire recouvert d'argent, dans le même style (8), qui est aussi celui du livre dédié au couvent de Soveja (0) et d’un autre Évangéliaire conservé à Saint-Sabbas de Jassy. Si un calice de 1636 est dû à l'étranger Alexandre de Trikka (en Thessalie (10), le cadre de pierre de la porte principale à Brebu porte la signature d’un Lupu.
A Bälteni, les stalles, du XVII° siècle, sont dues à « maître » Stoica. L’hiéromonaque Basile signe comme auteur des splendides portes en bois de la chapelle de Bistrita, avec le fouillis de fleurs, de feuilles, entourant deux belles images et la représentation des
évangélistes (11).
1. Nos Znscriptii, I, p. 366; II, pp. 263-276; Ghenadie, ouvr. cité, p. 112; Gion, ouvr. cité, p. 196.
2. Pour les édifices profanes, Cour de Bucarest, bains de Tärgoviste, édifice de la Bänia, résidence du Ban gouverneur, à Craiova, voy. Bulletin, III, p. 293; VII, p. 35 et suiv.