‹ Histoire de l'Asie centrale, publ., tr. et annotéChapitre 5 sur 29 · SOUVERAINS AFGHANS · texte numérisé non relu

SOUVERAINS AFGHANS

C'est de r Afghanistan que Zémân Khan Abdâli Dourani Sadou Zey, Afghan, vint s'établir à Hérât. Le gouverneur de celte dernière ville était Essed Oullah Khan Sadou Zey.

Hadji Mir Véîs essayait secrètement de soulever les populations : « La puissance des Qizilbachs (Persans) décline, disait-il ; elle n'a plus de prestige ; nous qui, par lâcheté, leur obéissons, unissons-nous, tuons ces misérables qui nous commandent et gouvernons-nous nous-mêmes pour notre propre compte. » La tribu des Abdâlis embrassa son parti, mais en lui disant: « Lève d'abord l'étendard de la révolte à Qandahâr; alors nous te suivrons. » Hadji Mir Véïs se rendit à Qandahâr: il réunit les Ghildjâïs, leur dépeignit la faiblesse du gouvernement persan et leur fît connaître l'engagement que les Afghans Abdâlis avaient pris et la promesse qu'ils avaient faite de se révolter. Tous acceptèrent ses propositions.

A cette époque (1), Chah Nuvâz Khan, Géorgien, était

(1) Chah Nuvâz Khan était le titre donné par la cour de Perse au prince Georges Bagratîon, gouverneur de la Géorgie sous la suzerainoté de la Perse. Il s'était révolté en 1114 (1702, A. D.): abandonné par ses troupes à rapproche de l'armée persane commandée par Kelb Âly Kban^ gouverneur de Guendjèh (aujourd'hui Elisabethpol), il alla à Ispahan, faire sa soumission et implorer un pardon qui lui fut accordé. 11 conserva la vice-royauté de la Géorgie que son frère administra en son nom, et il reçut le gouvernement du Kerman et de

gouverneur de la ville pour le sultan Housseïnde la dynastie des Séfévis: il fut attiré hors de la ville sous prétexte de passer en revue les troupes GhilJjâi. L'armée était rangée en ligne des deux côtés de la route; Chah Nuvaz Khan passait entre les rangs des soldats, lorsque ceux-ci se jetèrent sur lui et le massacrèrent ^linsi que tous les Persans qu'ils rencontrèrent. Les Afghans prirent possession de la ville, et la khoutbeh fut prononcée et la monnaie frappée au nom de Hiadji Mir Véïs.

Vers. (( L'illustre Mir Véïs Khan, qui a mis à mort le chef « géorgien, a battu monnaie et fait réciter la khoutbeh en « son nom à Qandahâr, la demeure du repos et de la « durée (1). »

Mir Véïs porta par dépêche ces événements à la connaissance d'Essed OuUah Khan Sadou Zey, gouverneur de Hérât; mais les Abdâlis n'osèrent pas, par leur défection, affaiblir la puissance persane; tout au contraire, ils firent connaître à Ispahan la conduite de Hadji Mir Véïs et protestèrent de leur dévouement pour la cour de Perse. Le sultan Housseïn Séfévi donna l'ordre à un général de marcher contre les révoltés à la tête d une armée soutenue par les Afghans de Hérât. Le général, dans l'intention de livrer bataille, vint à

Qandabàr dont Tempereur de Delhi venait de revendiquer la possession. Il emmena avec lui des troupes géorgiennes pour contenir les tribus afghanes.

(1) Hanway raconte d'une manière différente l'assassinat de Chah Nuvâz Khan par les Afghans.

The révolutions of Persia cmiaining the reign of Shah Hussein, etc., by Jona Hanway. London, 1762, tome If, p. 112. Cet événement eut lieu en 1709.

Hérât, et se dirigea accompagné par les Afghans de celle ville surQandahâr. Lesdeuxarmées se rencontrèrent près de celle dernière ville (1) ; les Persans furent mis en déroute. Une autre arinée envoyée une seconde fois fut également battue (2). Dès lors la cour de Perse ne fit plus marcher de troupes ; la dynastie des Séfévis touchait à son déclin et n'avait plus la force nécessaire pour faire la guerre. La puissance de Mir Véïs s'accrut, il devint souverain indépendant et maître du pays jusqu'à Kaboul. Il se brouilla avec les Afghans de Horât ; ceux-ci, à cette époque, se révoltèrent contre les Persans et défirent leurs troupes dans une rencontre.

Mir Véïs mourut à Qandahâr (3). H eut pour successeur son fils Chah Housseïn qui, pour ménager ses intérêts, se montra l'ami des Persans : il conduisit son armée contre Hérât dans l'inlention de leur venir en aide. Essed OuUah Khan sortit de la ville et se porta à la rencontre de l'armée Ghildjâï ; les deux adversaires se trouvèrent en face l'un de l'autre à Khâvy, entre Qandahâr et Hérât. Essed Oullah Khan fut tué ; les Afghans de Hérât, mis en fuite, se réfugièrent dans la ville. Chah Housseïn informa le roi de Perse de la victoire et de la mort d'Essed Oullah, et il lui fil par-

Ci] L'auteur veut sans doute parler ici de Texpédition commandée par Rhosrew Khan, oncle de Chah Nuvaz Khan^ qui fut tué sous les murs de Qandahâr, en 1711.

(2) La dernière armée envoyée par les Persans était commandée par Mehemmed Rustem Khan qui fut mis en déroute en 1713.

(3) Mir Veïs mourut en 1715, laissant deux fils: Mir Abdallah lui succéda. Ce prince d'un caractère pacifique ayant ouvert des négociations avec la cour de Perse pour lui restituer Qandahâr fut assassiné dans son palais à Tinsligation de Mir Mahmoud, qui fu( proclamé souverain.

venir ses protestations de dévouement. Les poètes de la Perse célébrèrent dans leurs vers la mort d'Essed Oullah et les preuves de bon vouloir de Chah Housseïn.

Hémistiche. « Le chien du roi de Perse a déchiré Essed (le lion). »

A cette époque Zémân Khan Abdàli fut tué. Il est le père d'Ahmed Chah ; son tombeau se trouve à Hérât. Après cet événement, Allah Yar Khan fut nommé gouverneur de cette ville. Mehemmed Khan et Ekrem Khan, frères de Zemân Khan et d'Essed Oullah Khan firent cause commune; ensuite eurent lieu les expéditions des Ghildjâïs qui s'emparèrent du Kermân,de Yezd et d'Ispahan. Mahmoud, frère de Chah Housseïn, régna dans cette dernière ville. Après sa mort (1722), Echref son cousin devint roi. Il resta sur le trône jusqu'aux victoires de Chah Tahmâsp et jusqu'au moment où Nadir Chah s'empara du pouvoir. Ce prince chassa Echref de la Perse (i729) ; il reprit Hérât sur les Afghans (1731) et soumit Qandahâr (1738). La puissance persane se trouva rétablie, mais après la mort de Nadir Chah, ces villes retombèrent aux mains des Afghans. Celle situation dure encore à présent (1233-1818).

Le père de la nation afghane se nommait Abdàl ; de là vient le nom d'Abdâli que l'on donne aussi à ce peuple. Lorsque Ahmed Chah monta sur le trône, à Qandahâr, il favorisa plus particulièrement les Dourânis .

Primitivement, la tribu de Sadou Zey était établie à Moultan, dans la contrée située sur les bords du Sind dans l'Hindoustan. On rapporte que tous les Afghans descendent d'un même père, qui avait dix fils. Le fils aîné se

nommait Sadou ; le second, Foulfoul ; le troisième, Bârik ; le quatrième, Alikou; le cinquième portait le nom de Nour ; le sixième, celui d'Ishâq ; le septième, celui d'Ali Zou; le nom du huitième était Khoukan; le neuvième s'appelait Berdourân et le dixième enfin, Ender.

Du vivant de leur père, leurs familles étaient devenues nombreuses ; d'un commun accord ils vinrent le trouver et lui dirent. « Choisis l'un d'entre nous pour être notre chef, et nous lui obéirons. » Leur père répondit : « J'y consens, à la condition que vous lui serez soumis. » Tous le promirent ; il désigna Sadou comme leur magistrat suprême et leur souverain. Les Afghans prirent l'engagement de considérer les descendants de Sadou comme leurs chefs ; ils décidèrent, qu'en aucun cas, il ne serait permis de tirer l'épée contre eux ni de les tuer, quand même ils auraient commis de grands crimes ; que personne ne prendrait en mariage une fille de la tribu de Sadou ; que sa race serait supérieure à la leur et qu'ils ne seraient pas considérés comme ses égaux. Le pacte fut conclu sur ces bases ; la tribu de Sadou a eu toujours la prééminence sur les autres et elle est encore souveraine. Elle est originaire du Moultan. Quant aux autres tribus, elles se séparèrent et se fixèrent dans les contrées montagneuses de Chikarpour et des Déïreh, jusqu'aux limites de Ghazna et de Kaboul. La tribu des Ghildjàïs avoisine celle des Abdâlis jusqu'auprès de Qandahâr, et elle habite aussi à Qandahâr même.

Sous le règne des rois Séfévis de Perse, les Ghildjàïs se montrèrent soumis. Les Afghans Abdâlis dominèrent dans la province d'Hérâi où soixante mille familles étaient venues s'établir. Sous Thahmasp Chah, ils restèrent d'abord

dans les limites de Tobéissance. Ils persévérèrent dans cette ligne de conduite, à Tégard des Persans, jusqu'au règne du sultan Housseïh Séfévy. A cette époque Hadji Mir Véïs, Ghildjâï de naissance, se rendit de Qandahâr à Hérât et de cette dernière ville à Ispahan, où résidait le sultan Housseïn. Pendant six mois, il présenta des requêtes auxquelles personne ne prêta attention, et il s'aperçut qu'il n'y avait ni ordre, ni organisation, que l'empire n'avait aucune force et que le pouvoir souverain était nominal. Il se rendit en pèlerinage à la Mecque ; à son retour à Ispahan, voyant les affaires dans le même désordre, il conçut de soulever les Afghans.

Lorsque Nadir Chah eut repris Hérât sur les Abdâlis, il les dispersa dans la province du Khorassan et en Perse. Il fit d'Ahmed Khan un de ses écuyers (1), et il leva parmi cette population un millier d'hommes pour son armée ; il leur donna pour chef Mehemmed Ghany Khan Alikou Zey. Dans la bataille que livra Nadir à l'armée turque à Basra, les Afghans firent preuve de courage et combattirent vaillamment ; Nadir était tombé de cheval sur le champ de bataille, et les troupes persanes avaient lâché pied, lorsque les escadrons afghans sous les ordres de Mehemmed Ghany Khan chargèrent l'armée de Basra qui fut mise en déroute ; ils enlevèrent Nadir Chah du milieu de la mêlée et rejoignirent le reste de l'armée (2). Nadir fut satisfait et

(1) Il s^agit ici d'Ahmed Khan, fils de Zeman Khan Abdali, qui devint souverain de l'Afghanistan après la mort de Nadir sous le nom d'Ahmed Chah.

(2) L'auteur appelle bataille de Basra la bataille que Nadir livra à Topai Osman Pacha, près de Leitam et Kerkouk, les 22 et 29 octobre 1733.

Riza Qouly Khan dans le Fihris out tewarikh mentionne l'action décisive des Afghans pour le résultat de la journée.

content de leur conduite et il leur dit : «Je suis très-heureux de votre bravoure ; en échange de ce que vous avez fait pour mon service, adressez-moi une demande, elle vous sera accordée. »

Ces Afghans voyant Tesprit du souverain bien disposé en leur faveur lui soumirent cette requête : « Nous souhaitons, dirent-ils, deux choses : d'abord que Tordre soit donné à tous les Afghans dispersés dans les différentes provinces, de retourner dans les lieux qu'ils habitaient autrefois, dans le Khorassan, depuis Hérât jusqu'à Qandahâr : en outre, lorsque notre souverain aura enlevé Qandahâr à Chah Housseïn fils de Hadji Mir Véïs Ghildjàï, que cette ville soit donnée aux Douranis Abdâlis. » Nadir Chah acquiesça le jour même à ces deux demandes. Deux ans après, il s'empara de Qandahâr ; il fit prisonnier Chah Housseïn, qu'il relégua dans le Mazendéràn où il fut mis à mort. Il dispersa la tribu des Ghildjâïs, et il donna la ville de Qandahâr aux Abdâlis.

Lorsque Nadir Chah, en l'année Ho9 (1746), fut assassiné près de Thous, dans le Kurdistan(l),au milieu de la nuit, par le Persan Sâlih Mehemmed Khan Karakly Kfchâr, les troupes afghanes qui formaient la garde particulière du roi apprirent celte catastrophe la nuit même. Mehemmed Ghany Khan et Ahmed Khan firent cause commune ; après avoir pillé une partie des bagages du roi, ils quittèrent le

(1) Nadir Chah était campé à Pelh-Abâd, près de Khabbuchan, à pou de distance de Mechhed et des ruines de Thous.

Cette partie du Khorassan a reçu le nom de Kurdistan, à cause des tribus kurdes qui y furent transplantées par Chah Abbas.

(J. Frasei'^s journey Mo Khorassan, Londres, 1825, p. 242, et append., p. 42.

camp le malin et se dirigèrent vers Qandahàr par la route deQâïn (1) et du Séïstan. Pendant la route, les Afghans s'entendirent entre eux ; ils élurent pour chef Ahmed Khan après avoir assassiné Mehemmed Ghany Khan. Ils le proclamèrent roi et lui donnèrent pour ministre Vély Khan Foulfoul Zey. Ils entrèrent à Qandahàr sans coup férir, et tous les Afghans vinrent y saluer le nouveau souverain.

Sur ces entrefaites, un convoi d'argent considérable, venant de THindoustan, du Sind et du Moultan et destiné à Nadir Chah, fut saisi par Ahmed Khan ; il rassembla une armée nombreuse, et en Tannée H64 (1750), il prit le titre de souverain indépendant et s'empara de Ghazna, de Kaboul, de Djelal-Abàd, de Chikarpour, du Séïstan et du Zàdjistan. Il marcha contre Hérât, dont le gouverneur était alors Témir persan Khan Michmest; au bout de six mois, il emporta la ville de vive force, et il envoya en enfer nombre de misérables Persans (2).

(1) Qâïn est située au S.-O. de Ilcrat, non loin de Thabès, dans une plaine couverte d*un sable imprégné de sel.

Cette ville était autrefois la capitale du Kouhislan.

Sa forteresse commandait la route du Kermanet celle du Kliorassan.

Les habitants de Qâïn descendent d'une tribu arabe qui s'y est établie à répoque des khalifes. Celte ville est renommée pour ses fabriquas de tapis de feutre et de tissus de poil de chèvre.

(2) L'expédition d'Ahmed ChAh contre Ilérat eut lieu en 1750.

Ce prince attaqua la ville à la tête de soixante-d.x mille ho:nmes : elle était alors gouvernée au nom de Chah Roukh Mirza par le serdar Djelil Deg connu aussi sous le nom d'Emir Khan et surnommé Michmest (le bouc ivre ou furieux). Il était d*origine arabe et il avait commandé rarlillerie dans l'armée de Nadir. 11 s*élait distingué dans la campagne d'Arménie en 1735 et avait fait prisonnier de sa main» à la bataille de Zengui Tchai, Mustapha Pacha, gendre du sultan Mahmoud et gouverneur général de Diarbekir.

Après une défense vigoureuse, qui dura quatorze mois et non six, les habitants abandonnés par Chûh lloukh cl réduiLs à toute cxJrômiU», se rendirent â

Il s'empara de tout le pays, jusqu'auprès de Mechhedi Thous. Il marcha ensuite sur THindoustan (1752) el il enleva Pichâver, Kachmir, Lahore, Roulhas, Amber-Nechr et Djihan Abâd à l'empereur Mehemmed Chah, descendant de Timour, avec lequel il conclut un traité. Dans une autre expédition, il se dirigea vers le Sind et conquit les provinces du Moultan, du Sind, des Déïreh, de Khéïrpour, de Nebkech, de Tcherkhi Louguer, le pays des Béloutch, etc.; il soumit Balkh, Endkhou, Bâmian, Qoundouz, la province du Ghouristan, Ysfezâr, Mouhawelat, Qâïn, Nichapour, Sebzvàr, Mechhed, Kouhi Mich, Merv, Serakhs, Sohrâb Abâd, Djâm, Tourbet, Tirchiz et d'autres villes. 11 fut en paix avec Kérim Khan Zend souverain de Chirâz. Il établit son fils aîné le prince Timour à Hérât et le déclara son héritier présomptif. 11 fit de Qandahâr sa capitale ; il y bâtit une nouvelle ville qu'il appela Ahmed- Châhy. Qandahâr est connu aujourd'hui sous ce nom. C'était vraiment un souverain digne de ce nom, juste et généreux ; il était le père de ses sujets ; il était doué d'un caractère saint, affable, doux, hospitalier. (Que Dieu lui fasse miséricorde !) Il régna pendant trente années qui furent prospères; sous son règne il n'y eut ni troubles, ni séditions. Il laissa pour héritiers six enfants. Son vézir était Chah Vély Khan, ministre doué de la sagesse d'Aristote, rempli d'intelligence et de connaissance. Sous son administration le royaume fut tranquille et les peuples en repos.

La population afghane augmenta; cinquante mille

discrélioD. Lorsque les troupes afghanes entrèrent dans les faubourgs, Emir Khan sortit de la citadelle à la tête d'une poignée de soldats, fondit sur elles et périt avec tous les siens les armes à la main.

hommes de cette nation recevaient une solde permanente. Ahmed Chah donna la ville de Mechhed à Chah Roukh, petit-fils de Nadir Chah , qui avait été aveuglé par Alim Khan, Arabe de la tribu de Khozéïma établie dansleKouhistan. Alim Khan fut arrêté et mis à mort(i). Ahmed Chah mourut à Qandahâr en Tannée 1185 (1771); il y est enterré (2).

Légende des monnaies d Ahmed Chah : « Cet ordre fut donné par le Tout-Puissant, Tinexplicable, à Ahmed le souverain : Frappe le coin sur for et sur Fargent, depuis la région du poisson (qui supporte la terre) jusqu'à celle de la lune. »

Légende de son sceau : « L'empire est à Dieu ; ô Lui ! — Ahmed Chah, la perle des Dourânis. — victorieux 1 »

De ses six fils, l'un, le prince Mahmoud mourut dans le qafès (3) ; le second, le prkice Goher, eut le même sort; le troisième, le prince Dârâb mourut à Kaboul; le

(1) NasrouUah Mirza, tils de Chah Roukh, avait suscité la révolte du Khoras- San, révolte à laquelle prirent part tous les chefs persans, à Texceplion de Kerim Khan Vekiï de Chiraz. Une bataille livrée dans les environs de Mechhed, fut gagnée par Ahmed Chah, grÀce à la vigueur de Nassir Khan et des Deloutchis. La ville de Mechhed, sur laquelle on ne pouvait tirer sans comnaettre un acte d'impiété, fut investie et elle capitula après quelques mois de blocus. Chah Roukh en conserva le gouvernement à la condition de donner sa fille à Timour fils d'Ahmed Chah et de fournir un contingent de troupes pour servir dans l'armée afghane.

(2) Ahmed Chah mourut d'un cancer à la face, dont il souffï'ait depuis longtemps. Il était âgé de cinquante ans.

(3) Le mot qafès désigne une maison ou un appartement dont les fenêtres sont grillées et où sont enfermés les princes de sang royal. Ils ne peuvent communiquer avec !e dehors et ils sont l'objet d'une surveillance incessante.

quatrième, le prince Chehâb vivait encore en 1233 (1818); il est mort depuis. Les deux autres étaient le prince Houmay mort dans le qafès et le prince Iskender.

Timour Chah parvenu au pouvoir fit enfermer ses frères dans le qafès du Bâia Hiçar (1) de Kaboul ; il fit de cette ville sa capitale. Plusieurs émirs, après s'être concertés dans des conciliabules secrets , creusèrent un souterrain qui , parlant de la boutique d'un boulanger, débouchait au milieu du château. Ils en firent sortir le prince Iskender; mais, par mesure de prudence, ils remmenaient chaque nuit, et le ramenaient au plus vite. Ce manège dura pendant plusieurs jours. Le chef des eunuques, instruit de cette circonstance, en informa le roi; on se saisit de ces conspirateurs, qui furent tous exécutés, et le prince Iskender fut étranglé. Les émirs dont nous venons de parler étaient Kàlou Khan Nour Zéy, Zàl Bey Foulfou) Zey, Rahman Khan Alikou Zey et d'autres.

^1) M. Charles Masson a donné, dans le second volume de ses voyages, Nart*ativc of varions journées in Balochistan, Afghanistan and thePanjnb. London, 1842, une description détaillée du Bâla Hiçar do Kaboul que le lecteur trouvera à rappendice.

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