‹ Histoire de l'Asie centrale, publ., tr. et annotéChapitre 6 sur 29 · TIMOUR CHAH, FILS D'AHMED, FILS DE ZEMAN KHAN ABDALI · texte numérisé non relu

TIMOUR CHAH, FILS D'AHMED, FILS DE ZEMAN KHAN ABDALI

Légende du sceau de Timour : « L'établissement du pouvoir de Timour Chah dans le monde a été un signe de la faveur divine. »

Légende de la monnaie : « Le ciel fait venir Tor du soleil et l'argent de la lune, pour imprimer sur leur surface le coin de la monnaie de Timour. »

Lorsque la nouvelle de la mort de son père lui parvint à Hérât, il convoqua les supérieurs des ordres religieux, les savants, les lettrés et les chefs de l'armée et les réunit en conseil : « Mon père, leur dit-il, m'avait désigné pour son héritier présomptif; mais, à ses derniers moments, son vézir l'a fait changer d'avis ; il a choisi pour lui succéder mon frère Souléïman ; aujourd'hui celui-ci fait battre à Qandahâr le tambour delà souveraineté; le trésor paternel est en son 'pouvoir, ses forces sont considérables; que jugez-vous convenable de faire? » Tous le saluèrent et s'inclinèrent devant lui, en s'écriant : « Le rang suprême vous appartient ; nous sacrifierons notre vie pour que votre droit soit assuré et mis hors de toute atteinte. »

Tous les gens de loi et les émirs se rassemblèrent ensuite dans le jardin qui entoure le mausolée d'Abd Oullali Enssary connu sous le nom de Piri Hérât (le patron

de Hérâl)(l); il y eut un festin royal; le Séyid Yahya de la famille Qitalièh , qui était l'un des plus grands cheikhs de Tépoque , ceignit Timour de la ceinture royale, et lui donna l'investiture; Timour posa ensuite la couronne sur sa tête. 11 fit réciter la khoutbeh et frapper la monnaie en son nom, il leva des troupes et marcha sur Qandahâr.

Sur la route, les Afghans vinrent en grand nombre se joindre à lui ; bref, Timour fit mettre à mort le vézir de son père, et enfermer à cause de son jeune âge le prince Souléïman dans le qafès. Il se dirigea ensuite vers l'Hindoustan et s'empara de Kachmir et de Lahore qui s'étaient révoltées, mais il n'alla pas à Djihan Abâd. Il fit la paix avec Ali Kou Goher, fils de Mehemmed Chah, et il le traita toujours avec bienveillance. Il se rendit maître des provinces du Moultan et du Sind, et de tous les pays qui avaient été soumis au pouvoir de son père.

Il confia chaque province à un gouverneur digne de sa confiance ; il donna le gouvernement d'Ahmed Châhy à son fils aîné, le prince Houmâyoun; il laissa d'abord comme gouverneur dans Hérât, Islam Khan Foulfoul Zey ; quelques années plus tard il y envoya le prince Mahmoud.

(l) Abou Ismayl, Abdallah Ibn Abou Mansour Mohammed el Hérévy, connu sous le nom de Cheikh oui Islam, naquit à Hérât, en 395 de Thégyre (1004 A. D.) et mourut dans cette ville en 481 (1084). Les poésies spirilueiles et les prières qu'il a composées jouissent de la plus grande réputation et ont été plusieurs fois publiées à Téhéran et à Tebriz.

Sa biographie est insérée dans le a Medjalis oui otichchaq » par Kemal oud Din Houssein Kazergahy et dans les < Vies des Saints personnages par Djamy, » ditées par le major Nassau Lees. Calcutta» 1858, pp. 376-380.

Il établit comme lieutenant dans Kaboul son lils Zeman qui était arrivé à Tâge d'homme et qui était doué de brillantes qualités. 11 gouverna d'une façon tout à fait indépendante. La fermeté distingua son administration et il rendit le peuple heureux; les habitants d'Hérât l'aimaient beaucoup. Il avait dans son palais trois cents filles esclaves ; il ne prit pas de femme parmi les Afghans, toutes ses femmes étaient persanes; il laissa trentesix fils.

Lorsque Chah Mourad Bi souverain de Boukhara eut enlevé de vive force la ville de Mervi Châhidjan à Beyram- Ali Khan Kadjar qui fat tué et qu'il en eut transporté les habitants à Boukhara, quelques-uns des grands personnages de cette ville, ainsi que le fils de Beyram Ali, se réfugièrent auprès de Timour Chah, et lui dirent : « Merv fait partie de votre empire ; nous tous nous sommes vos sujets ; les Uzbeks, injustes et violents, ont dévasté et pillé notre pays, et ils en ont emmené les habitants prisonniers; nous confions à votre foi religieuse le soin de venger notre honneur. » Timour Chah, à la tête d'une armée d'environ cent cinquante mille hommes, marcha de Kaboul sur Balkh par la route de Bout Bàmian avec l'intention de tirer vengeance; des troupes de toutes les provinces de son empire se joignirent à lui. Chah Mourad, de son côté, mit trente mille hommes sous les armes et éleva des retranchements sur la rive du Djihoun. Mais la crainte et la terreur s'emparèrent de son esprit; après de nombreuses intrigues, il se décida à envoyer le qadi Abou Nasr et (juelques autres personnages porteurs d'un mémoire appuyé sur des décisions

juridiques auprès du qadi Feiz oullah qui possédait la confiance de Timour.

« C'est donc vous, était-il dit dans cette pièce, qui prenez à cteur Thonneur des Persans, et qui venez attaquer des musulmans! Qu'est-ce à dire? En cas de conflit, vos morts seront des apostats, et les nôtres de? martyrs, w

Ces arguments étaient basés sur la vérilé : le qadi Feiz oullah fit changer d'avis au roi. La paix fut conclue et Timour s'éloigna. Il mourut à la fin de l'année suivante; c'était un souverain ami de la religion et des savants. (Que Dieu lui fasse miséricorde!) [l).

(1) Timour Ch&h mourut à Kaboul, dans la nuit du 8 chevval de l'aunée 1207 ^1792^

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