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Histoire de l'Asie

Au lendemain de la guerre russo-japonaise, un des hommes qui connaissent le mieux les questions d'Extrême- Orient, M. Louis Aubert, écrivait : « Il faut que les deux « plus grandes civilisations du monde se pénètrent puis- « qu'elles se sont heurtées. Economiquement, politique- « ment, notre monde s'est agrandi. Malgré toute la dou- « ceur et la beauté de nos traditions classiques, nous ne <( pouvons plus nous contenter, intellectuellement, sentice mentalement, de n'être que des méditerranéens (t). » Et dès 1890, M. Lavisse terminait par ces paroles prophétiques un brillant aperçu sur les trente siècles d'histoire européenne : <( Toute force s'épuise; la faculté de conduire l'his- « toire n'est point une propriété perpétuelle. L'Europe qui « l'a héritée de l'Asie, il y a trois mille ans, ne la gardera <( peut-être pas toujours (2). »

Par les manuels de Maspéro et de Rawlinson, le grand public est familiarisé avec l'époque où cette « faculté de conduire l'histoire » appartenait aux peuples du Tigre et de l'Euphrate, du Nil et de l'Oronte. D'autre part, les ouvrages de MM. Victor Bérard, René Pinon et Driault, —

(1) Louis Aubert. Paix Japonaise, p. 227 (Paris, 190G).

(2) E. Lavisse. Vue générale sur Vhistoire politique de IFAirope, p. 239.

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