‹ Histoire de l'Asie (volume 2)Chapitre 44 sur 45 · APPENDICES · texte numérisé non relu

APPENDICES

Sur l'origine des Hittites.

Une des questions les plus controversées de l'histoire ancienne est celle de l'origine des Hétéens ou Hittites, qui, à 1 époque de la XIXe dynastie égytienne, au xive siècle avant notre ère, dominèrent en Anatolie et en Syrie, de la Mer Noire à la Palestine (i).

On a longtemps considéré les Hittites comme un peuple de race purement caucasique, c'est-à-dire anaryenne, analogue aux Ourartiens ou Alarodiens antiques et aux Géorgiens modernes. Mais le déchiffrement des tablettes hittites de Boghaz Keuï (Gappadoce) a établi que ce peuple renfermait aussi un élément indo-européen important. Telles sont notamment les conclusions de Hrozny (Die Sprache der Hethiter, 1916-1917) et de Marstrander Caractère indo-européen de la langue hittite, Christiania, 1919). « Le hittite, dit Marstrander, est un dialecte limitrophe oriental de ce domaine linguistique de l'indo-européen occidental, qui, à l'époque préhistorique, était commun aux Hittites, aux Italiques, aux Celtes et aux Tokhariens (2). » — « L'armature grammaticale, dit d'autre part Dhorme (3), permet de rattacher le Hittite aux langues indo-européennes dans leur plus ancien état connu, mais il semble que le fond du langage est tout différent... ; il semble que les Aryens ont fourni au vieux fond du hittite autochtone un cadre européen », sans compter les éléments sémitiques apportés, avec l'usage du cunéiforme, par les scribes chaldéens, entrés au service des dynasties hétéennes. En résumé, les Hittites seraient une race mixte, asiatique par ses origines et les couches profondes de sa population, indo-européenne par ses éléments aristocratiques et littéraires. Et cette pénétration du peuple hittite par des éléments aryens représenterait la première expansion connue

(1) Cf. supra, p. 15. I. 12. Le- capitales des Hittites étaient Boghaz Keuï en Anatolie. Karkémish sur l'Euphrate, Alep et Kadesch en Syrie. Le> site de Kadesch a été retrouvé à Tell Nébi Mend près de Homs par la mission Maurice Pézard, en 1921.

(2) Marstrander, p. 171.

(3) Dhorme. La langue de* Hilliles, Revue Biblique, 1er octobre 1021, p. 578. — Cf. A. Debrunncr, Die Sprache der Helluter, 1021.

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