‹ Histoire de l'AsieChapitre 12 sur 16 · LA CHINE AUX TEMPS MODEBNES · texte numérisé non relu

LA CHINE AUX TEMPS MODEBNES

Politique de Kien Loung au Tibet.

De même qu*il régla définitivement les affaires du Tmkestan, TEmpereur Kien Loung en finit avec la question tibétaine. Cette Question Tibétaine qui était celle du pouvoir temporel de l'Eglise Lamaïque, c'était un peu la Question Romaine de l'Asie. La Chine, protectrice des droits de l'Eglise, devait {périodiquement intervenir pour protéger la théocratie contre les empiétrements des seigneurs laïques, contre les révoltes du nationalisme tibétain, contre les convoitises des nations voisines.

En 17471 le premier ministre tibétain Gyourmed Namgyal organisa un complot pour chasser les Chinois. Prévenus à temps, les deux commissaires impériaux Fou Thsing et La Pou-touen.le mandèrent auprès deux et le firent exécuter. Mais la révolte qu'il avait fomentée éclata aussitôt. Le peuple se jeta sur le palais des deux commissaires et les massacra. Tous les résidants chinois qu'on put saisir, furent mis en pièces. Les moines suspects de sympathie pour la politique chinoise furent eux-mêmes traqués (1750). Kien Loung envoya aussitôt au Tibet une puissant'? expédition. La mort de GyouÎTned Namgyal, en privant les révoltés de leur chef, le^ laissait désemparés. Dès que l'armée chinoise apparut devant Lhassa, ils se soumirent (1751). Les Chinois, loin de se livrer à des représailles, rétablirent l'ordre avec beaucoup de modération et de tact.

Kien Loung profita de cette occasion pour donner un statut définitif au pays. Le régime théocralique fut intégralement restauré. Pour couper court aux arrière-pensées des clans laïques, on conféra au Dalaï-lama le titre de Roi temporel du Tibet. La politique chinoise, en effet, ne pouvait trouver de meilleure garantie contre l'humeur belliqueuse ds Tibétains que de les subordonner en tout à leur clergé. Elle annihilait ainsi ce peuple comme puissance politique et militaire. Mais comme elle exaltait d'autant l'influence spirituelle de l'Eglise lamaïque, elle prit également ses pré-

igS LE JAPON

exécuté. Au dernier moment, le Ciel sauva 3on envoyé (miracle d'Enoehima) et Nichircn fut seulement exilé dans rîlot de Sadoshima qui fut le Pathmos de cette âme ardente. Il mourut dix ans après, à soixante ans. Ses disciples formèrent un nouvel Ordre religieux, VOrdre des Hokke. Mais, telle était la malice du siècle que les moines de Nichiren eux-mêmes se mirent à posséder des richesses immenses, à devenir un Etat dans l'Etat, à dispuler, les armes à la main, aux autres communautés religieuses les biens de ce monde. En i532, ils expulsèrent VOrdre Monta, du monas* tère de Yamashlna près de Kyoto. En i537 ils livrèrent dans les rues de Kyoto une bataille terrible aux moines de Tendaï... A vouloir entrer dans la hiérarchie féodale, TEiflis? bouddhique avait gagné la terre, mais elle avait perdu le ciel. Et toute la flamme des grands mystiques du xin® siècle n'était pas parvenue à la purifier,

L'Art japonais à l'ôpoqae féodale.

L'Ecole de Tosa et l'Ëcole de Kano.

I^ Moyen Age japonais ne- marqua pas, comme le nôtre à son début, un recul général de la civilisation. Au Japon, la civilisation antique subsista à côté de la société féodale. Pendant tout le Moyen Age, il y eut ainsi deux Japon : un Japon d'épopée, celui des Minamoto, des Hojo et des Ashikaga, avec sa chevalerie héroïque, ses moines-soldats, ses vendettas et ses carnages, — et un Japon de rêve et de légende, avec ses mœurs de cour raffinées, ses empereurs esthètes, ses cénacles de poètes et d'artistes. L'un et l'autve se complètent. Us représentent le double aspect du passé, avec sa rudesse et son mystère, la folie de ses preux e^ les songes de ses sages. C'est à leur rencontre que le Nippon batailleur et charmant, — a pays de i7!:ôusmés, pays de guerre » — , doit son prestige et son [attrait.

L'épocjue des llojo et des Ashikaga vit se développer une école de peinture originale, VEcole de^ Tosa. C'était une école éminemment aristocratique, inspiyée par la vie raffi-

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