X AVERTISSEMENT
« tietiv et répétaient ^ d^une voix tonnante, de$ « vaud^^viUes inventés pour le meurtre. »
Si M. Lacretelle n'a point eu Tintention de rappeler les regards sur les noms des dames, que le marquis de Ferrières avait si indécemment dé* nçncées à l'opinion publique, qui en fut indignée, il n'en est pas moins vrai que , parlant de Kt femmes élevées dans la richesse, de furies de « salons , » ces expressions indiquent clairemei^t de^ personnes appartenant à la haute société , et qu'il sepible avoir voulu fortifier par son témoignage celui du marquis de Ferrières. Or, est-il d'un Français , d'un citoyen , d'un historien , de chercher à accréditer par de pareils moyens, sans le secours d'aucune preuve, de pareilles atrocités contre des femmes d'un rang et d'une éduca^ tion tellement opposé à d'aussi épouvantables excès. .
M. Lacretelle énonce, en outre , comme un fait positif qu'il « était convenu entre les conjurés de « ne faire paraître d'abord que des femmes : » il y avait donc une conjuration ? Il en a , donc , eu connaissance, puisqu'il savait, si bien, ce dont elle était convenue, et comment les rôles y étaient distribués. Pourquoi donc ne donne-t-il pas des renseignemens plus étendus sur cette conjuration ? Pourquoi, surtout, ne nomme-t-il pas les bom-
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mes coupables dont elle se composait? Il aurait, pourtant, dû seiitir que de pareilles allégations ne peuvent être accueillies qu'autan t qu^dles sont appuyées sur de puissans indices. Et c'est, cependant, de pareils écrits dont l'université ft ordonné la distribution dans les collèges I Et c'est depuis quinze ans l'aliment donné aux enfans, ^ les notions que l'on inculque dans leur esprit sur les faits et gestes de leurs pères ! .
C'est ensuite contre l'assemblée entière qu'il dirige ses attaques : « L'assemblée, dit«*il, se « laisse outrager pendant plus d'une béure avec « une patience, qui résultait de la sombre terreur ne de quelques députés et de la lâcbe complicité « des autres. » De cette injurieuse attaque de M. I^cre telle, il résulterait qa'une portion des membres de l'assemblée étaient courbés sous le joug de la plus sombre terreur, et qiaie les autres sefesaient les complices des hommes. qui se livraient aux manœuvres les plus criminelles. L'aiseaAIée constituante n'est plus depuis près de quarante ans; on a pu exhumer contre ses mem*bres toutes les pièces, tous les documens, tous les faits authentiques qui seraient à leur charge; elle n'a manqué ni d'adversaires animés par les plus ardentes passions, ni d'ennemis stipendiés; •tes gouvernemens , qui se sont «succédé depuis 1 791 , ont été assez hostiles à cette même assem-
XXII AVERTISSiMEIfT.
blée: la décimer pendant la convention, la diffamer ensuite, et, depuis, diriger des attaques contre ses membres pour détruire l'effet de ses généreux travaux, telle est la politique dont M. Lacretelle s'est rendu complice , et à laquelle l'autorité de ses écrits aurait pu obtenir quelque succès, s'ils eussent eu seulement l'apparence de la modération. Mais, en dernière analyse, quels sont les griefs, revêtus de la plus légère vraisemblance , qui puissent faire le motif d'une ac?cusation fondée contre l'assemblée constituante, je ne dis pas seulement devant la justice , mais devant l'opinion. Je n'objecterai pas à TM. Lacretelle qu'après avoir si odieusement calomnié une partie de l'assemblée, il déshonorait l'autre , par une assertion plus qu'imprudente , car ceux que^ sans doute, il ne voulait pas flétrir, en les représentant comme des victimes, seraient au moins des lâches dans son système d'accusation. Or, tout le monde sait, et les monumens du tems attestent , qu'alors il n'y avait point de lâches ; al6rs, chacun dans l'assemblée marchait la visière levée , et abordait franchement l'ennemi ; on combattait à outrance , sans penser aux dangers qu'on pouvait courir ; l'énergie était la même dans les deux partis. C'est à la postérité qu'il appartient de décider de quel côté se trou?^ vaient la justice et le bon droit.