‹ Histoire de l'Assemblée constituanteChapitre 16 sur 54 · AVERTISSEMENT. XXXI · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. XXXI

souvent dénués de vérité à Tégard des personnes que leur état social , leurs opinions ou leurs habitudes, plaçaient dans les rangs du parti aristocratique. Je ne lé blâmerai assurément pas de ce qu'il dit sur Robespierre , comme vient de le faire un écrivain qui a entrepris une espèce de réfutation de son histoire: car, quant à cet homme funeste, l'abbé de Montgarllard n'a peut-être pas peint^ avec d'assez vives couleurs , la profonde atrocité de son ame, mais ce qu'il, dit du maréchal de Broglie, du prince de Lambesc et de plusieurs autres , prouve qu'il n'avait aucune connaissance de leur caractère.

Parla multitude d'anecdotes, peu connues, que cet ouvrage renfermé, il a dû naturellement piquer la curiosité publique, qui, malheureusement, ne se complait que trop à la satire. Son succès était, d'ailleurs, mérité sous certains rapports, mais les personnes qui veulent étudier l'histoire avec bonne foi , et avec le seul désir de connaître la vérité , devront se défier de ce guide souvent peu sûr. Il est à ma connaissance personnelle, que dans le nombre des particularités dont il rend compte , si l'on en trouve de vraies, beaucoup d'autres, aussi, sont entièrement controuvées. Je ne signalerai pas toutea les remarques que j'ai pu faire encore sur cet ouvrage, et qui donneraient, d'ailleurs, une étendue disproportionnée à un

XXXII AVERTISSEMEJHT.

simple ai^ertissement. Tout le inonde a pu obser*^ ver, comme moi, le désordre qui règne dans le récit des faits , les erreurs multipliées et les contradictions frappantes qU'il est facile d'apercevoir, au premier çoup-d'œil, soit entre les fails eux* mêmes ^ soit entre les manières diverses dont l'abbé dé Montgaillard représente et juge les hommes, les lois et les événemens.

Si Fauteur vivait encore , on pourrait lui de^ mander comment il se fait, qu'après avoir donné les plus grands éloges aux résultats des délibérations de l'assemblée constituante, il ait pu avancer « qu'une minorité insidieuse ou turbulente suhju- « guait la majorité? » Comment, après être convenu de ce que cette majorité a fait de grand , de noble et d'utile pour le bonheur de l'espèce humaine^ a-t-îl pu se permettre les diatribes les plus violentes, soit contre l'assemblée elle-même, soit contre les meiribres qui y ont obtenu le plus d'influence. On pourrait s'étonner encore des disparates que le même écrivain a réunis dans le portrait du roi. Il accorde à Louis XVI des mœurs austères, des intentions pures; il le représente comme un homme vertueux, et cependant, aucun ouvrage ne renferme contre ce monarque un acte d'accusation plus motivé, plus complet. Sans doujte, on peut faire des reproches à l'assemblée et au roi : s'ils étaient les uns et les autres présentés avec

Page 1