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LIVRE XIII

INSURRECTIONS MILITAIRES. — AFFAIRES DE NANCY ET DE BREST. — AOUT, SEPTEMBRE ET OCTOBRE 1790.

Chap. I. — De l'esprit révolutionnaire dans l'armée. — Insubordination des troupes. — Décret du 6 août. — Émeutes militaires à Hesdin, à Metz, etc.

La révolution avait eu pour résultat presque immédiat d'introduire dans l'armée l'esprit d'indépendance, de mécontentement et de méfiance qui s'était emparé du reste de la nation. Aux habitudes d'obéissance, qui font la force de l'organisation militaire , avaient succédé des habitudes d'insubordination de plus en plus prononcées. Dès les mois de juillet et d'août 1789, une foule de soldats de tous les corps avaient quitté leurs drapeaux et étaient accourus à Paris. La capitale , selon l'énergique expression de M. Lafayette., fut inondée de déserteurs, venus non-seulement de Versailles, mais aussi de provinces fort éloignées. On accueillit d'abord ces soldats avec faveur, et, jusqu'au 5 octobre 1789, on les inscrivit dans les compagnies soldées de la garde nationale. Mais, après cette époque, celte aflluence devint un embarras et un danger. On comprit qu'une plus longue tolérance équivaudrait à un licenciement de l'armée. En conséquence, on s'occupa de rechercher les déserteurs et de les renvoyer à leurs régiments. Le roi donna l'ordre d'amnistier les transfuges dont le départ serait antérieur à la date du «> octobre. Ces

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