AFFAIRE DE VINCENNES
tielles, et que ces réparations ont été ordonnées par un décret de rassemblée nationale, sanctionné par le roi.
« Cependant on a nouvelle que des brigands, au nombre de cinq cents, se portent à Vincennes : à midi le rappel se fait, et les troupes se mettent en marche ; mais les brigands avaient près de deux heures d'avance, et ils les avaient désastreusement employées. En arrivant, ils avaient saisi les instruments des ouvriers qui travaillaient au pont-levis et s'en étaient servis pour enlever de gros barreaux de fer qui leur firent des piques, des leviers, des pinces et leur tinrent lieu de marteaux. Ils entrent dans le donjon et en une heure et demie tout ce qui se trouve de lits de camp est brisé, tous les carreaux de verre sont cassés, les barreaux des fenêtres sont arrachés, etc. D'où vient que ces brigands se sont portés à ces excès1? d'où vient qu'il y avait parmi eux des citoyens égarés? d'où vient qu'ils ont été aidés par des hommes qui portaient l'habit national?
« Parce que depuis longtemps Marat l'ordonne, Marat, le traître Marat, qui ose profaner le nom de liberté, et n'est qu'un vil suppôt de l'aristocratie la plus dégoûtante; Marat, qui ne cherche plus qu'à se plonger dans le sang le plus pur des citoyens, parce qu'il y a une traînée volcanique entre ce malheureux et les soi-disant vainqueurs de la Bastille, et un officier supérieur dont le maratisme est connu. (Santerre.) »
J. J. Leroux dit ensuite qu'on a arrêté soixante de ces brigands, parmi lesquels il y a 12 ou 15 enfants, un grenadier, un chasseur et un fusilier, volontaires de la garde nationale. « Toute la journée, ajoute-t-il, le directoire du département est resté assemblé ; c'est de lui que les ordres sont partis. Dans sa proclamation du soir, le corps municipal dénonce les excès à l'accusateur public, et il donne de justes louanges à la garde nationale, et il témoigne des regrets de ne pouvoir en donner à quelques soldats d'un détachement du bataillon commandé par M. Santerre. (Journal des Clubs, n° XVI.)
Voici maintenant le récit et les explications de Marat. Il s était occupé, dans un numéro précédent, de la question de la résidence de la famille royale. Il avait donné son avis, qui n'était, comme on doit le penser, nullement en faveur de la liberté du prince, et il avait vivement engagé le public à se rendre en foule à la séance, alin d'influencer hardiment et. hautement les suffrages. Plus tard, rendant compte de l'affaire de Vincennes :
a Les pères conscrits, dit-il, qui s'attendaient à cette invitation de ma part, avaient eu recours pour empêcher cette affluence, à une suite d'artifices atroces, concertés dans le comité même avec Riquelti et Moitié. Ils déridèrent de distraire le peuple par quelque