TOME IY
134 (octobub 1700) assemblée nationale.
étaient en pleine activité. Voici comment Desmoulins rend compte de celles de Versailles.
« Béni soit entre tous les départements le département de Seineet-Oise, et son digne président, M. Lecointre! Qui compareronsnous à M. Lecointre, si ce n'est M. Garran ? Oh ! si M. Garran était président de Paris , comme M. Lecointre du département de Seine et-Oise, ah ! ça irait, ça irait. Je voudrais voir sur ce fauteuil M. Garran, ou Al. Camus, ou M. Manuel Nous recommandons à notre prône ces excellents citoyens, et tout le comité des recherches de la ville. Si la recommandation était de quelque poids , combien d'aristocrates crèveraient de rage ! c'est la seule manière dont le procureur général de la lanterne donne encore des conclusions à mort contre eux. C'est ainsi que M. Lecointre et les patriotes de Versailles viennent d'empoisonner les aristocrates du district. Comment! me demanderez-vous, les aristocrates de Versailles sont empoisonnés!— Oui, mes chers concitoyens, je vous garantis qu'il est impossible qu'il en réchappe un seul. C'est Robespierre, notre Robespierre, si pur, si inflexible , le nec plus ultra du patriotisme, qui est nommé -à Versailles président du tribunal du district. Il doit des remercîments à M. Teltier d'avoir conté dans ses Actes des Apôtres que les Artésiens, sur un faux bruit de son arrivée à Arras, avaient voulu se porter à des excès contre lui. Sur le récit de l'apôtre , les patriotes de Versailles se sont empressés de le ravir à une ville si peu digne de le posséder. L'illustre patriote Biauzat étant de même regardé de travers pour son civisme par les aristocrates do Clermont , le district de Versailles l'a nommé également juge. Et comme si c'eût été une conjuration de nous enlever nos meilleurs citoyens , il a nommé ensuite MM. Fréteau et Bouche. Mais Versailles eût été trop riche, et la ville d'Aix n'eût pas manqué de former opposition. MM. Fréteau et Bouche ont remercié. Notre cher et féal Pétion est nommé de même président à Chartres. »
En même temps , on opérait la destruction définitive des parlements. Laissons encore parler Desmoulins :
Révolutions de France et de Brabant. a Le 15 de ce mois, conformément au décret de l'assemblée nationale, la municipalité de Paris s'est transportée au parlement pour apposer le sceau de la nation sur l'antre de la chicane, et sur toutes les portes des coupegorge épars dans ses détours ténébreux. Le corps de ville aurait craint sans doute de déroger en faisant à pied le court trajet de la maison commune au palais, et a cru ne devoir se montrer au peuple qu'en carrosse. Quatre d'entre eux seulement suivaient à pied le cortège, et comme s'ils avaient eu honte d'aller ainsi sur leurs