TOME IV
26t> ; (décembre 1790) assembler nationale.
-Cette partie des mémoires de.Louis de Boitillé étant la seule qui se rapporte à l'époque que nous racontons, nous n'avons plus qu a y emprunter une réponse de M. de Lafayelte à Fauteur, parce qu'elle prouve l'extrême sécurité du parti constitutionnel. M. Louis de Bouillé fait connaître d'abord les moyens qu'il employa pour cacher sa mission à M. de Lafayelle. Il témoigne, malgré leur dissentiment politique, la plus grande estime pour les qualités privées du général; il dit ensuite : « Pendant le peu de jours que je passai ù Paris, j'eus avec lui plusieurs conférences, dans lesquelles il donna un libre cours aux faux principes qui faisaient la base de ses discours, et, malheureusement pour lui comme pour les autres, la règle de sa conduite. Ce fut dans une de ces conversations que, lui ayant demandé comment il était avec le château, il me répondit : « Le roi sert la constitution, c'est vous dire assez si j'en suis content. D'ailleurs, vous le connaissez, c'est un bon homme qui n'a nul caractère, et dont je ferais ce que je voudrais sans la reine qui me gène beaucoup. Elle me témoigne souvent de la confiance ; mais elle ne se livre pas assez à mes avis, qui assureraient sa popularité. Elle a ce qu'il faut pour s'attacher le cœur des Parisiens ; mais une ancienne morgue et une humeur qu elle ne sait pas assez cacher les lui aliènent le plus souvent. Je voudrais qu'elle y mît plus de bonne foi. » J'ignore si M. de Lafayelte en mettait beaucoup lui-même dans cette confidence; mais comme elle était aussi remarquable de sa part qu'elle pouvait être profitable au roi et à la reine, je crus de mon devoir de ne pas la leur tenir secrète. » (Mémoires du marquis de Bouillé (comte Louis), lieutenant général, sur le départ de Louis XV] au mois de juin 1791, p. 17 à 32.)
En même temps Mirabeau renouait ses relations avec la cour. Il avait eu, dans le mois de juin, différentes entrevues avec la reine, et l'on s'était parfaitement entendu; mais l'accusation portée par le ChaMet lui avait semblé une trahison, et, pendant quelques mois, les rapports avaient été rompus. Ils furent rétablis à la fin de novembre, et le silence de Mirabeau dans la discussion sur la sanction du décret du 27 novembre en fut le premier résultat.
L'extrait suivant des Mémoires d'un homme d'État (t. I, p. 103) confirme tout ce que Ton a lu précédemment, relativement à la conspiration royaliste : « Louis XVI prit cette résolution (de recourir aux armes étrangères) au mois de novembre, quand il vit qu'on faisait violence à ses sentiments religieux pour arracher sa sanction aux décrets rendus sur la constitution civile du clergé, qui n'était pas dans ses principes. 11 fit d'abord passer à son ancien, ministre, le baron de Bretouil, en Allemagne, des pleins pouvoirs qui l'an-