‹ Histoire de l'assemblee constituanteChapitre 58 sur 139 · ÉLECTIONS · texte numérisé non relu

ÉLECTIONS

rassemblée pour lui demander l'explication de l'article 3 du décret du 25 février sur la tranquillité publique.

Dans sa séance du 1er décembre, le corps municipal, « désirant contribuer à l'encouragement, et multiplier, autant qu'il est en lui, les moyens de reconnaître les services que la garde nationale a continuellement rendus à la révolution, a arrêté qu'il serait admis dans chaque compagnie du centre, ainsi que dans les compagnies des grenadiers et des chasseurs soldés, un enfant d'officier, sous-officier ou soldat de la compagnie, lequel ferait nombre avec le surplus des soldats. » Le procès-verbal du 6 porte que les chasseurs soldés, établis pour la garde des barrières, seront au nombre de huit cent cinquante à douze cents. A la séance du 15, «des députés de la société des gardes nationaux des différents départements (club des fédérés), qui sont venus annoncer au conseil général, dans la séance du 11 décembre, la dissolution de leur club, ont été annoncés et introduits. Ils ont déposé sur le bureau une délibération de leur société, en date du 42 de ce mois, par laquelle, en réitérant la déclaration faite dans leur précédente assemblée, ils en arrêtent l'impression, l'envoi aux départements et districts de France, et prient la commune de recevoir en dépôt la bannière des gardes nationaux, bénie le 27 septembre dernier, et de leur donner un détachement pour conduire à la commune les gardes nationaux qui iront remettre ce dépôt. »

Nous pensons que le lecteur nous saura gré de trouver ici une notice sur les drapeaux de la garde nationale. Chaque bataillon avait le sien. La plupart avaient été brodés et donnés par des femmes; quelques-uns étaient entièrement blancs et sans devise; d'autres, en grand nombre, portaient des trophées, des emblèmes, des légendes. On remarquait sur presque tous le vaisseau, symbole de la ville de Paris. Il y en avait très-peu de parfaitement tricolores : ils appartenaient aux bataillons connus pour être les plus dévoués à la révolution.

Comme nous l'avons déjà dit , la garde nationale de Paris était divisée en six divisions et soixante bataillons, conformément à l'ancienne division de Paris en districts. Nous allons, dans l'ordre des divisions, décrire les drapeaux remarquables, et rapporter leurs légendes.

Première division. — Le premier bataillon de la première division (Saint-Jacques-du-Haut-Pas) , avait sur son drapeau : Ex servitute libertas. — Le deuxième (Saint- Victor) : Loi, concorde, liberté. — Le troisième (Saint-André-des-Àrts) : Union, force et liberté. — Le quatrième (Saint-Marcel) avait sur le sien, peint par

274 (dêcem krë 1790) assemblée nationale.

Belle, peintre du roi, un paysan armé d'une faux, courant dans la campagne ; on voyait dans le fond des châteaux livrés aux flammes; l'inscription était : Mort ou liberté. Acloque, commandait ce bataillon. — • Le cinquième (Saint-Louis-en-l'Ile) , commandé par Bouclier d'Argis, parlementaire fameux par les satires de Desmoulins, avait un drapeau entièrement blanc. — Le sixième (Valde-Grace) portait écrit sur le sien : Liberté, crains Dieu, honore le roi. Ce bataillon, commandé par Soufflot le Romain, se fit distinguer par un arrêté très-vigoureux dans l'affaire de Nancy. Il est rapporté dans notre histoire. — * Le septième (Saint-Étienne-du- Mont) avait reçu son drapeau des génovétins. Jl représentait un vaisseau voguant à pleines voiles, et accompagné du haut du ciel par sainte Geneviève. On y lisait : // ne périra pas. — Le drapeau du huitième (Sorbonne) portait : N'obéir qtià la loi. — Celui du neuvième (Saint-Nicolas-du-Chardonnet) , un lion tenant une pique au bout de laquelle était le bonnet de la liberté, avec ces mots : Qui me le ravira ? — Celui du dixième (Mathurins) : Liberté.

Deuxième division. — Le premier bataillon (Prémontrés), une croix, avec cette inscription : Immortalité. — Le deuxième (Barnabites) : Patrie, liberté. Carie commandait ce bataillon. — Le troisième (Cordeliers) : ce drapeau, très-remarquable par sa simplicité, n'avait aucune devise; il était tricolore. Une croix bleue le divisait en quatre carrés, dont deux étaient rouges et deux blancs. — Le quatrième (Notre-Dame) : tricolore ; croix blanche, carrés bleus et rouges. On y lisait : Le salut de la patrie. — Le cinquième (Saint- Severin) : le chiffre du saint et une crosse d'évêque, accolés dans une palme de martyr, et une branche d'olivier. — Le sixième (Petits-Augustins) : Union et liberté. — Le septième (Saint-Gcrmaindcs-Prés) : tricolore; un vaisseau. — - Le huitième (Jacobins Saint- Dominique) : Force et prudence, inscrits sur la pyramide des droits. — Le neuvième (Théatins) : Armé pour la loi et la liberté. — Le dixième (Carmes déchaussés) : la France coiffée d'un bonnet de la liberté, assise sur un vaisseau. Il avait été donné par Monsieur, frèro du roi.

Troisième division. — Le premier bataillon (Récollets) : Pour la patrie. — Le deuxième (Saint-Nicolas-des- Champs) : Sans union point de liberté. — Le troisième (Sainte-Èlisabeth) : Vaincre ou mourir; tricolore. — Le quatrième (Saint-Médéric) : Force, liberté, paix; tricolore. — Le cinquième (Carmélites) : Notre union fait notre force ; tricolore. — Le sixième (Filles-Dieu) : on lisait d'un côté : Union, prudence, fermeté; de l'autre, Jeanne d'Arc

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