‹ Histoire de l'assemblee constituanteChapitre 6 sur 139 · MOTION DE DUPONT · texte numérisé non relu

MOTION DE DUPONT

a saisis, lorsqu'ils ont vu la valeur héroïque des gardes nationales rétablir Tordre à Nancy, garantir à jamais la discipline et assurer la gloire et la liberté de la nation, ils n'ont plus envisagé qu'un moyen pour empêcher la paix de renaître généralement; et ce moyen a été de fomenter des séditions dans Paris même. Il leur en fallait pour soutenir le courage abattu de leurs émissaires, pour montrer qu'ils ne sont pas atterrés avec leurs alliés de Lorraine, pour prolonger leur désastreux empire sur les brigands qu'ils savent faire courir d'un bout du royaume à l'autre, dont ils avaient u» détachement à Nancy, dont ils en ont un autre dans la capitale, et qu'ils ont l'audace de présenter comme le peuple français, tandis qu'il n'y a parmi eux que très-peu de Français, et que ce n'est qu'un ramas d'hommes sans patrie, la plupart repris de justice* C'est avec eux, messieurs, qu'en présence du véritable peuple français justement indigné, ils n'ont pas craint de troubler vos délibérations, jeudi dernier, par de nouvelles motions d'assassinats, proférées à grands cris, à prix d'argent, sous vos fenêtres, et avec menaces de la guerre contre vousmêmes.

On avait choisi le moment où letransport d'un modèle de la Bastille depuis la porte Saint-Bernard jusqu'ici, amenant un très-grand concours de peuple aux Tuileries, ferait confondre les bons citoyens, qu'un tel spectacle intéresse justement, et qui sont en très-grand nombre, avec la poignée d'incendiaires qu'on avait à répandre dans cette multitude, et que l'on espérait qui pourraient, à force de harangues et avec le secours des libelles, séduire le zèle de quelques hommes estimables. On a en effet dispersé dans les groupes environ quarante fanatiques, réels ou volontaires, à puissants poumons, et quatre ou cinq cents hommes payés. On leur a donné ce mot du guet : Êtes- vous sûr? et la réponse : Un homme sûr. On a doublé la dépense afin d'entraîner, par l'attrait de l'argent, quelques-uns de ceux qu'on n'aurait pas pu déterminer par le magnétisme des motions et des cris. Plusieurs dépositions faites entre les mains des officiers de la garde nationale, et à la mairie, attestent que d'honnêtes gens mêlés parmi la foule ont reçu la proposition de douze francs pour joindre leurs cris à ceux que vous entendiez retentir, et qu'il en est à qui on a laissé^les douze francs dans la main. On a publiquement annoncé que cela devait durer encore, qu il y aurait un mouvement chaque jour : et chaque jour en effet de nouvelles motions d'assassinats ont été faites. On a publiquement annoncé que jusqu'au 10 cela ne serait pas sérieux ; mais que la grande explosion était fixée au 10 de ce mois, jour que vous avez indiqué pour uno délibération d'une haute importance.

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