‹ Histoire de l'assemblee constituanteChapitre 63 sur 139 · AFFAIRE DU QUERCY · texte numérisé non relu

AFFAIRE DU QUERCY

district. Suivant le procès-verbal, en date du 5 décembre, dressé par M. Linard, et la lettre adressée par lui au département, les causes ou les prétextes de l'insurrection sont les doutes répandus sur les décrets. On a cherché à persuader au peuple qu'ils étaient l'ouvrage des ci-devant seigneurs, et qu'ils n'avaient point été rendus par l'assemblée nationale. Les gardes nationales, composées de censitaires, bien loin d'agir pour l'exécution des décrets, favorisent le refus du payement des rentes. Depuis l'événement de Gourdon, les marques d'insurrection ont été rétablies. Nous avons pris, pour essayer de faire cesser les désordres, les mesures dont nous allons vous rendre compte. Notre garnison, autrefois de 300 hommes, est affaiblie par des détachements. Nous avons requis d?>0 hommes du régiment de Poitou, cavalerie, et une partie du premier bataillon du régiment de Languedoc, et nous avons appelé près de nous MM. Esparbès et Puy-Montbrun pour qu'ils agissent sur nos «réquisitions. Voici maintenant les ressources que nous sollicitons de la surveillance du roi. Nous demandons l'envoi d'un régiment complet, et que, dans tous les temps, il y ait dans le chef-lieu du département une garnison d'un bataillon d'infanterie et de 100 hommes de cavalerie.

M.*** Je suis passé, le 3 de ce mois, à une lieue de Gourdon ; j'ai été rencontré par vingt paysans armés de faux; j'ai fait arrêter ma voiture, je les ai questionnés, et ils m'ont dit que, sur un ordre quelconque, il était venu des soldats arracher les mais plantés en signe de liberté. Je les ai engagés à se retirer vers le département pour se plaindre s'ils avaient éprouvé quelques vexations, et à attendre paisiblement justice. J'ai pris d'autres informations dans les villages de ma route, et je me suis convaincu qu'on a arraché des mais qui ne portaient aucun signe d'insurrection, que les paysans ne refusaient pas de payer les droits, mais qu'ils ne voulaient payer que ceux qui étaient légitimes. Voilà ce que j'ai cru devoir dire, afin qu'on ne précipitât rien.

— On rendit à ce sujet un décret portant qu'il serait envoyé des troupes sur les lieux, et qu'il serait informé contre les auteurs du désordre. Lucas et Prieur demandèrent l'envoi de commissaires, et cet amendement fut adopté. A la séance du 20, Foucault dit quelques mots encore sur ces troubles. Il s'écria que dans le Quercy tout était en feu, que trente châteaux avaient été brûlés.

Voici un autre événement arrivé dans les mêmes lieux, dont le récit se trouve dans la correspondance des jacobins :

« Cahors, 22 décembre. Plusieurs ci-devant seigneurs se coalisèrent vendredi dernier pour fondre sur Castelnau, petite ville de

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