‹ Histoire de l'assemblee constituanteChapitre 64 sur 139 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

290 (décembre 4790) assemblée nationale.

notre département. L'un d'entre eux tira un coup de pistolet sur ic maire. Soixante hommes de notre garde nationale et trente soldats de ligne envoyés par nous remirent la tranquillité. Les ex-gentilshommes, ayant manqué leur coup à Castelnau, coururent à Monçay. Le peuple s'indigna de leur arrivée ; il y eut des coups de fusil tirés de part et d'autre. Un de ces factieux fut grièvement blessé : un autre eut son cheval tué sous lui. Le reste s'échappa à la faveur d'un feu assez suivi que faisaient deux d'entre eux. Enragés de ne pouvoir immoler des victimes à leur fureur, ils se transportèrent au village de Saint-Cyprien, fondirent sur le peuple au sortir de la messe, massacrèrent deux paysans, et en blessèrent vivement sept ou huit. Le tocsin alarma aussitôt tout le voisinage ; et ces brigands, étant poursuivis de toutes parts, se réfugièrent dans le château de Galle, éloigné d'un quart de lieue et qu'on dit être très-fortilîé. On se dispose à faire le siège de ce repaire. Les paysans ont arrêté deux de ces gentillàtres qui faisaient feu, et les ont conduits dans les prisons de Lauzerte. L'un d'eux est Pelagru, capitaine aux chasseurs des Ardennes ; et l'autre, Pechpeyroux, ci-devant marquis de Boquaire... Prouvez-nous que vous prenez quelque intérêt aux citoyens de Cahors, eu appuyant de toutes vos forces la demande que fait notre directoire de département pour qu'on nous donne enfin des armes ; nous sommes menacés de tous côtés, et nous n'avons que cent cinquante fusils pour secourir nos voisins ou pour nous défendre. » (Journal des^mi's de la Constitution, n°*s II, III, IV, V, VI.)

— Des troubles plus graves eurent lieu à Aix. L'assemblée en apprit les détails le 18 décembre par la leUre suivante adressée au président de l'assemblée par l'administration du département des Bouches-du-Rhône.

« Depuis le décret qui a supprimé les parlements, les ennemis de la révolution tiennent journellement des assemblées qui depuis longtemps menaçaient la tranquillité publique, et excitaient la surveillance de l'administration. Les titres d'amis du roi, d'amis du clergé, d'ami* de la noblesse, qu'adoptèrent ces clubs, annonçaient assez combien ces rassemblements pouvaient devenir dangereux. H existait à Aix deux clubs ; l'un, des amis de la constitution, l'autre, le club anti-politique. Les royalistes en établirent un nouveau. Il était aisé de voir que nous étions menacés d'un choc terrible... Déjà les membres du nouveau club annonçaient qu'ils prendraient la cocarde blanche ; ceux de la société des amis de la constitution, unis au club anti-politique, jurèrent de maintenir la foi due au serment civique. Les premiers se réunirent avec les officiers du

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