COSMOGONIE ÉGYPTIENNE, D'APRÈS LES LIVRES HERMÉTIQUES
Si). Notions préliminaires. — 31. Texte de la cosmogonie des Livres hermétiques, traduction de M. Champollion-Figeac. — 32. Les inscriptions hiéroglyphiques du temple de Kalabschi (Nubie), interprétées par M. Champolliou le jeune, confirment l'origine égyptienne des Livres hermétiques. — 33. Moïse n'a pas copié la cosmogonie égyptienne. — Conclusion. Supériorité absolue de la Genèse sur toutes les autres cosmogonies.
1. Avant de continuer le récit de la création, il n'est pas sans intérêt de comparer la cosmogonie de Moïse avec celle des principaux peuples de l'antiquité. L'examen en a été fait déjà, à des points de vue fort différents, parles adversaires et les défenseurs de la Bible. Les premiers voulaient prouver, à l'aide des analogies qu'ils y rencontraient, une sorte de plagiat dont l'écrivain hébreu se serait rendu coupable, en empruntant aux traditions vulgaires de son temps les éléments constitutifs de la Genèse. Les seconds soutiennent avec raison que ces analogies sont autant d'argmnents qui démontrent l'existence d'une révélation primitive, dont tous les peuples ont conservé les souvenirs , en les modifiant et quelquefois les travestissant , suivant les tendances particulières de leur génie et les besoins de leur nationalité. Pour nous, il nous a semblé que de l'étude parallèle des systèmes cosmogoniques comparés avec nos Livres saints , il ressort clairement que celui de Moïse est de beaucoup le plus simple et en même temps le plus complet ; en sorte qu'il est impossible à un esprit impartial et sincère d'en contester l'immense supériorité. De plus^ en conférant son texte, avec celui des livres sacrés des autres peuples, on acquiert la conviction qu'il n'a pu les copier, puisqu'aucun ne présente les détails que le sien renferme. Les analogies qui s'y trouvent, portent principalement sur la croyance commune à l'unité d'un Dieu créateur; elles établissent, malgré la théorie récente d'im académicien de DOS jours, l'existence du monothéisme primitif, et contredisent I. 6
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formeîîement la thèse par laquelle M. E. Renan prétendait prouver que le monotliéisme fut une invention des peuples sémitiques. La croyance à l'anité de Dieu se retrouve à l'origine de toutes les cosmogonies, sous les couches superposées des dieux mythologiques; le polythéisme est de date plus récente ; il se substitua au monothéisme, à mesure que, s'éloignant de leur berceau, les peuples oubhaient, à cette distance, la tradition primordiale. Telle est la conclusion qui ressort de l'ensemble des documents que nous allons citer.