‹ Histoire de l'beglise depuis la creation Volume 1Chapitre 85 sur 121 · Sortie d Egypte · texte numérisé non relu

Sortie d Egypte

40. Institution de la Pûque. —41. La colonne de nuée. — 42. Passage delà mer Rouge. — 43. Cantique de délivrance. — 44. M. Salvador et le miracle du passage de la mer Rouge.

§ I. La science contemporaine en face des miracles mosaïques.

1. Les tentes des patriarches avaient conservé la promesse faite au seuil de l'Eden, recueillie dans l'arche de Noé, transmise à la postérité de Sem et successivement individualisée dans Abraham, Isaac et Jacob. Les rivages du Phison et du Gihon, aussi bien que les flots amoncelés du déluge; les sommets du mont Ararat et les plaines de Sennaar; la tour de Babel et la pierre de Béthel dans la solitude, avaient entendu la même parole, répété la même espérance, reproduit l'écho de la même voix. Sur la terre d'Egypte, où les fils de Jacob ont fixé leur séjour, ils ont emporté ce germe divin de l'avenir. Tant de migrations successives n'altèrent point le caractère de la promesse. Il y a là un fait qui est à lui seul

508 mSTOIRE DE l'église. •— lY" ÉrOQUE. — ÈRE MOSAÏQUE (1725-1605).

ia démonstration la plus évidente d'une intervention surnaturelle. Soixante -dix pasteurs quittent les pâturages de Chanaan pour venir se mêler, pendant quatre siècles, au mouvement de la civilisation égyptienne. Durant ce long intervalle, les familles croissent et se multiplient, elles deviennent un peuple véritable; et le séjour chez une nation étrangère, le contact quotidien avec des mœurs différentes, le spectacle d'un culte idolâtrique constitué avec les formes du polythéisme le plus complet, ne font rien perdre à ce peuple de sa foi primitive, de ses espérances mystérieuses. Un homme isolé réussit à peine à se soustraire à l'influence envahissante d'une civilisation étrangère. Combien de voyageurs jetés par la tempête loin de leur patrie, sans espérance de retour, qui finissent par oublier même leur langue natale ! Et ici un peuple entier, nendant quatre cents ans, résiste à cette influence. Ge peuple n'a pas encore eu de lois, il n'a pas encore eu de patrie, et cependant il se réserve tout entier pour la loi et la patrie qu'il espère dans l'avenir. Il y a pour lui une terre qui s'appeUe la Terre promise. Jamais ses ancêtres ne l'ont possédée, aucunes relations internationales ne l'unissent à cette contrée; une grotte sépulcrale, dans un champ acheté, à six siècles de distance, par le père des Hébreux, est le seul litre de propriété que puissent faire revivre les fils d'Abraham. Pour exercer même cette revendication, il faudrait s'-attaquer à des races indigènes nombreuses et puissantes. Les Chananéens, les Phérézéens, les Cinéens, déjà redoutables au temps de Jacob, le sont devenus bien plus encore depuis quatre cents ans. Et, malgré tous ces obstacles, malgré toutes ces invraisemblances, disons le mot, malgré toutes ces impossibihtés, le peuple juif transplanté en Egypte, dans les pâturages de Gessen, où le l'haraon de Joseph et ses successeurs immédiats l'ont laissé vivre, ne se confond pas avec l'Egyptien, son hôte; il garde son individuahté comme race, sa foi à un Dieu que ne connaît pas l'Egypte; sa fidélité â la circoncision^ sacrement d'adoption divine; son espérance à une promesse mystérieuse, et l'attente ferme, inébranlable, d'une patrie pi édite à l'avance. Dans l'ordre moral, ce phénomène est plus miraculeux que les prodiges opérés par la verge de Moïse

Page 1