‹ Histoire de l'École polytechniqueChapitre 4 sur 75 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

ne conserva pas toute sa simplicité. Les établie* sentons consacrés à renseignement des scien étaient fermés, les écoles spéciales languissaient on voulut que l'école naissante suppléât aux et aux autres : on la peupla de leurs élèves, on dota de leurs dépouilles; l'instruction générale <f* fut réunie à l'instruction spéciale; et tandis que r d'une part, on initiait les élèves aux plus hauts mystères de la science, de l'autre, on leur enseignait les théories et les procédés des divers arts de l'ingénieur.

Cependant les chaires de l'instruction publique se relevèrent; les écoles des différons services furent réorganisées; et dès lors les branches d'enscignciucns étrangères au but spécial de l'institution allèrent se réduisant, chaque année, à de moindres proportions, à mesure que les parties essentielles recevaient plus de développement. Ces cliangeincns, par lesquels l'Ecole était ramenée au principal objet de sa création, ont été signalés par quelques personnes comme une déviation du plan primitif. C est une disposition naturelle à l'esprit humain de regarder comme inséparables les choses qu'il a toujours vues réunies. Ainsi, ce qui n'avait été introduit dans l'Ecole que pour .satisfaire à un besoin du moment, fut considéré

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plus tard comme inhérent à sa constitution. Cette remarque ne s'applique pas seulement à l'instruction; on pourrait montrer que plusieurs autres dispositions capitales de l'organisation, qui ont été présentées depuis comme des vues profondes du

génie des fondateurs, ne furent en effet que des nécessités imposées par les circonstances au milieu desquelles l'Ecole prit naissance. Les modifications plus ou moins graves que subirent quelques unes de ces dispositions ont donné lieu toutefois à de vives réclamations, à des débats animés, qui n'ont pas encore pris fin.

Il nous a semblé que le moment était venu de recueillir et d'exposer, selon l'ordre des temps, toutes ces Modifications, tant de l'enseignement que des autres parties du régime de l'Ecole. Ainsi rapprochées, et accompagnées des opinions contraires qu'elles ont soulevées, elles donneront une connaissance assez exacte de ce grand établissement, à l'égard duquel on peut les envisager comme une suite d'expériences. Ceux que leur devoir ou leur goût porterait à s'occuper de l'Ecole Pol ytchnique , trouveront dans cet ouvrage un point de départ bien déterminé pour les combinaisons auxquelles ils voudraient se livrer; et peut-tHre cpargnera-t-il à quelques uns beaucoup

iv PRÉFACE.

d'efforts inutiles, en leur indiquant les sentiers déjà parcourus et abandonnés. Cest là Phumble mérite de notre travail; c'est par là, nous osons le penser, qu'il pourra contribuer, quoique d'une manière indirecte, au perfectionnement d'une institution dont le public éclairé apprécie trop bien l'importance , pour qu'il ne soit pas superflu de nous arrêter à la faire ressortir. La construction des vaisseaux et des forteresses , les travaux des ports et des arsenaux de terre et de mer, la fabrication des armes et machines de guerre et de tous les approvisionnemens qui s'y rapportent, la confection des cartes topographiques et hydrographiques, la recherche et l'accroissement des richesses minérales de la France, la création et l'entretien des communications de toute espèce, ponts, routes et canaux, voilà ce que l'Etat confie exclusivement aux élèves de l'Ecole Polytechnique; mais là ne se bornent pas les services qu'il en reçoit. En effet, parmi ses élèves, il en est un certain nombre qui n'embrassent pas les professions pour lesquelles ils s'étaient préparés, ou qui les quittent après les avoir exercées, et vont féconder de leur instruction d'autres branches de l'arbre social. Les uns, entraînés par une vocation que les études variées de l'Ecole ont dé*

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